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23 équipes au départ du Tour de France 2026. Dont une surprise espagnole qui fait grincer des dents aux Pays-Bas. Caja Rural-Seguros RGA décroche une wild card. Unibet Rose Rockets reste sur le carreau. Malgré Dylan Groenewegen, Wout Poels, Victor Lafay et Clément Venturini recrutés cet hiver. Le classement UCI 2025 a tranché. Brutal.
Quand le classement UCI fait la loi
Le 30 janvier 2026, ASO officialise la composition du peloton pour le départ de Barcelone le 4 juillet. 18 WorldTeams, c’est automatique. Puis 3 ProTeams qualifiées de droit : Tudor Pro Cycling Team avec Julian Alaphilippe, Q36.5 Pro Cycling Team et Tom Pidcock, Cofidis. Le règlement UCI 2025-2028 est clair : top 3 ProTeams au classement, ticket direct. Les deux wild cards restantes ? ASO les distribue parmi le top 30 UCI.
Et là, coup de tonnerre. TotalEnergies décroche sa 26e participation consécutive — dernière avant la fin du sponsoring en 2026. Rien de choquant, l’équipe française est une habituée. Mais la deuxième invitation fait polémique : Caja Rural-Seguros RGA. 25e au classement UCI 2025, devant Unibet (26e). Quelques points d’écart suffisent. Les Espagnols participent à leur premier Tour. Habituée de la Vuelta (12 éditions), l’équipe renforce avec Fernando Gaviria à l’intersaison. Un sprinteur colombien aux performances en berne depuis 2023, mais un nom qui sonne.
Thijs Zonneveld, ancien coureur hollandais et consultant, explose : « J’ai essayé d’analyser la situation sous tous les angles. Si je devais résumer en un mot : absurde. Caja Rural a surtout perdu des points pendant le mercato. Unibet a progressé, obtenu une licence française, recruté Venturini et Lafay, participé à Paris-Roubaix. Trois anciens vainqueurs d’étape du Tour. » Bas Tietema, fondateur d’Unibet Rose Rockets, encaisse : « 2026 restera une année incroyable. On donnera tout pour s’améliorer. Le Tour reste notre rêve. »
Le mercato qui ne pèse pas lourd
Unibet a frappé fort cet hiver. Victor Lafay, vainqueur sur le Giro et le Tour. Clément Venturini, échappée légendaire sur les Champs-Élysées 2023. Dylan Groenewegen, 11 victoires d’étapes sur les Grands Tours. Wout Poels, lieutenant de luxe en montagne. Une équipe taillée pour briller. Licence française depuis 2025. Présence sur Paris-Roubaix, vitrine du cyclisme nordique.
Mais le classement UCI ne pardonne pas. Caja Rural termine devant Unibet en 2025. Les points accumulés sur la Vuelta, les courses espagnoles, font la différence. Le recrutement de Gaviria ne compense pas la perte de coureurs partis. Les Hollandais paient leur jeunesse : l’équipe existe depuis 2022 seulement. Pas assez de kilomètres dans les jambes du collectif pour rattraper les écuries établies.
En février 2026, les équipes sont en pleine préparation pour la saison. Stages en altitude, reconnaissances de parcours. TotalEnergies prépare son chant du cygne avec une stratégie offensive. Caja Rural découvre les exigences d’un Grand Tour de trois semaines. Unibet ravale sa frustration et vise d’autres objectifs : Giro, Vuelta, classiques.
Les implications pour le cyclisme français
Le passage à 23 équipes depuis 2025 élargit le peloton. Mais la concurrence pour les wild cards reste féroce. 16 ProTeams enregistrées pour 2026, seulement 5 places. ASO privilégie le classement UCI, critère objectif. Mais la frustration grandit. Les réseaux sociaux s’enflamment. DirectVelo, Cyclism’Actu relaient les débats. « Récompenser une équipe qui recule au lieu d’encourager une dynamique ascendante », lit-on.
Pour TotalEnergies, c’est l’adieu. 26 Tours consécutifs depuis 2000. Une saga qui s’achève. L’équipe française disparaît du paysage après 2026, victime de la fin du sponsoring. Tudor et Q36.5 visent l’accession au WorldTour d’ici 2028. Les enjeux des Grands Tours se durcissent. Le classement UCI devient l’alpha et l’oméga. Les recrutements stars ne suffisent plus. Il faut des points. Partout. Tout le temps.
Le Tour 2026 s’élance le 4 juillet à Barcelone. Caja Rural y sera. Unibet non. Le règlement a parlé. Le débat, lui, n’est pas clos. Les Hollandais reviendront. Plus forts. Plus affamés.




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