Cycliste âgé en tenue de piste roulant à grande vitesse sur un vélodrome ensoleillé, illustrant la persévérance et l'entraînement contre le déclin physiologique

À 75 ans, il roule 38,6 km en une heure : les deux secrets qui défient le déclin

38,638 kilomètres en une heure. À 75 ans. Jean-Pierre Demenois a pulvérisé le record de l’heure sur piste en mai 2021, prouvant qu’après 70 ans, le corps peut encore défier les lois du déclin. Son secret ? Pas de génétique miraculeuse. Juste de l’entraînement structuré, de la continuité et une stratégie qui refuse le pessimisme ambiant sur le vieillissement. Aujourd’hui, en mars 2026, d’autres cyclistes seniors comme Jacky Franzoni (70 ans) ou Jacques Lacour (81-84 ans) préparent leurs propres assauts contre la montre. La science et le terrain convergent : rouler vite à 70 ans, c’est possible. Mais ça se mérite.

Vieillir à vélo : les chiffres durs du déclin physiologique

Après 70 ans, le corps ralentit. La VO₂ max chute de 4 à 12 % par décennie, parfois jusqu’à 20 % pour les cyclistes les plus âgés. Le cœur perd en contractibilité. La sarcopénie grignote la masse musculaire. La force neuromusculaire fond de 3 à 4 % par an. Sur le papier, c’est plié. Sauf que Demenois a roulé à 38,6 km/h pendant 60 minutes en Suisse sur le vélodrome de Granges, surpassant l’Américain Jim Turner (38,494 km). Résultat : le record français des plus de 75 ans tient toujours cinq ans plus tard.

La clé ? L’entraînement régulier ralentit ces déclins. Pas de miracle, mais une stratégie cohérente. Les études montrent que les cyclistes masters qui pédalent quotidiennement préservent mieux leur capacité aérobie. Demenois s’est préparé pendant des mois à Cannes et Draguignan, enchaînant les séances piste. À 71 ans, Jacky Franzoni roule déjà 100 km par semaine autour d’Oyonnax, visant 40 km/h de moyenne en 2026. Le corps vieillit, certes. Mais entraîné, il résiste.

L’entraînement bimodal : le secret qui tue

Franzoni ne roule pas au hasard. Deux fois par semaine, il tape le vélodrome de Descartes. Objectif : tenir 40 km/h pendant une heure. Ça brûle. Ça dure. Mais c’est ça, l’entraînement bimodal : aérobie intense + résistance musculaire. Les programmes combinés améliorent la VO₂ max et la force chez les seniors, compensant la perte hormonale (testostérone, IGF-1). Franzoni a compris : après 60 ans, le renforcement musculaire n’est plus optionnel.

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Jacques Lacour, 84 ans, suit la même logique. Il vise juin 2026 sur le vélodrome de Bordeaux. Ses coéquipiers le décrivent comme « phénoménal », capable de suivre les jeunes en randonnée. Sa stratégie ? Cohérence absolue. Pas d’interruption. Les cyclistes seniors qui arrêtent perdent leur FTP en quelques semaines, difficile à récupérer. Robert Marchand, 105 ans, a roulé 22,528 km en une heure en 2012 — preuve que la continuité depuis le jeune âge paie. L’expérience forge aussi le pacing : gérer l’allure sur 60 minutes, c’est un art que les conseils pour cyclistes seniors maîtrisent mieux que les jeunes pressés.

Appliquer ces stratégies à votre niveau : du concret

Vous avez 65 ans, un FTP de 180 watts et l’envie de progresser ? Voici le plan. Deux séances piste par semaine : intervalles à 85-90 % de votre FTP, 5 × 8 minutes, récup 3 minutes. Le reste du temps : zone 2, 30 minutes quotidiennes minimum. Ajoutez du renforcement musculaire trois fois par semaine : squats, fentes, gainage. Pas glamour, mais efficace contre la sarcopénie.

Erreurs à éviter : couper l’entraînement plus de deux semaines. Les seniors récupèrent lentement — une pause prolongée casse la dynamique. Autre piège : vouloir suivre un programme standardisé. Les cyclistes âgés sont hétérogènes. Votre voisin de 70 ans tient 250 watts, vous 180. Adaptez. Consultez un médecin avant toute tentative piste : le cœur doit suivre. Enfin, l’aspect mental compte. Les compétitions masters agissent comme un élixir de jeunesse retrouvée, selon la chercheuse Rylee Dionigi. Rouler contre des pairs, c’est refuser le discours pessimiste sur l’âge.

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Questions terrain

Peut-on battre un record après 70 ans sans génétique exceptionnelle ? Oui, si vous avez roulé toute votre vie. Demenois et Franzoni n’ont jamais arrêté. La cohérence prime sur le talent.

Quel entraînement minimum pour progresser ? 30 minutes quotidiennes en zone 2 + deux séances piste hebdomadaires. Moins, c’est de l’entretien, pas de la progression.

Quels risques physiologiques ? Récupération lente, risque cardiaque si pathologie préexistante. Un bilan médical complet est non négociable avant de taper la piste.

Le vélodrome de Bordeaux attend Jacques Lacour en juin. Franzoni vise fin 2026. Les jambes vieillissent, mais l’envie, elle, ne connaît pas d’âge. Comme dit mon ancien mécano : « À 70 ans, tu roules avec ta tête autant qu’avec tes cuisses. » Le bitume, lui, s’en fout de ton âge.

Alex
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