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À 69 ans, j’ai pédalé tout l’hiver 2025 sans comprendre pourquoi mes sorties ne dépassaient plus 30 km. La fatigue, les maux de tête au réveil, cette lourdeur dans les jambes dès le premier faux plat — je mettais ça sur le compte de l’âge. Erreur. Un test d’apnée du sommeil en janvier 2026 a révélé que mes nuits sabotaient mes journées. Et mes performances vélo avec.
Le diagnostic qui explique tout
Le médecin du sport me le dit cash : « Vous faites 18 arrêts respiratoires par heure. Votre cerveau se réveille en micro-alertes toute la nuit. » L’apnée obstructive du sommeil (SAOS) touche 4 % des hommes en France, surtout après 65 ans. Les symptômes ? Somnolence diurne, irritabilité, baisse du tonus musculaire. Chez le cycliste senior, ça se traduit par un cercle vicieux : fatigue → moins de sorties → sédentarité → aggravation de l’apnée.
Le test (une nuit avec capteurs à domicile) a mesuré mon indice d’apnées-hypopnées (IAH) à 18/h — modéré, mais suffisant pour altérer mon pic de VO2. Une étude sur 1 424 sujets confirme : le SAOS réduit la capacité d’effort constant, même chez des cyclistes réguliers. Mon cas n’est pas isolé. Maxime, coureur VTT québécois de 35 ans, est passé de 70 à 100 kg en quelques mois avec un SAOS non traité. Perte de vitalité, irritabilité extrême. À 69 ans, on encaisse moins vite.
Le médecin insiste : « Vous devez ajuster votre charge d’entraînement de 20 à 50 % jusqu’au traitement. » Pas le choix. Les clubs cyclistes pour aînés motivés m’ont vu ralentir cet hiver. Maintenant, je sais pourquoi.
Ce que ça change sur le vélo
Avant le diagnostic, mes sorties dominicales tournaient à 30 km max. Récupération : 48 heures au lieu de 24. Les montées à 6 % me cramaient les cuisses comme si j’attaquais un 12 %. Le home trainer ? Impossible de tenir 45 minutes en zone 2. Mon corps refusait l’effort.
La science explique. Le SAOS altère l’oxygénation nocturne, ce qui plombe la récupération musculaire et la régénération cellulaire. Résultat : moins d’endurance, plus de fatigue, risque de blessures multiplié par 1,7 si on dort moins de 8 heures. En hiver, avec les routes glissantes et la visibilité réduite, la somnolence diurne devient dangereuse. Un coup de mou dans un virage, et c’est la chute.
Les bénéfices santé du pédalage quotidien restent réels, mais avec un SAOS non traité, on pédale à 60 % de son potentiel. Mon énergie fondait comme neige au soleil. En France, 20 % des plus de 65 ans souffrent d’insomnie chronique liée à des troubles du sommeil. Beaucoup ne font jamais le test.
Le traitement qui redonne du souffle
Depuis février 2026, je porte un masque PPC (pression positive continue) chaque nuit. Adaptation en trois semaines. Les premiers jours, c’est déstabilisant — dormir avec un masque ventilé, faut s’y faire. Mais les résultats arrivent vite. Après un mois, je tiens 50 km sans exploser. La récupération revient à 24 heures. Mon home trainer redevient supportable.
Le cardio modéré — cyclisme endurance, natation — atténue les symptômes du SAOS en 4 à 12 mois via perte de poids et amélioration de la fonction respiratoire. La qualité de vie s’améliore de 80 à 100 % chez les patients observants. Mais attention : 40 % abandonnent le PPC. Trop contraignant, disent-ils.
J’ai aussi intégré des exercices respiratoires type Airofit, 5 minutes par jour. Équivalent HIIT pour le VO2max, sans l’intensité qui tape sur les articulations. Combiné au PPC, c’est un duo gagnant. Mon objectif ? Retrouver mes 70 km dominicaux au printemps. Les cols m’attendent.
Les questions que vous vous posez
L’apnée empêche-t-elle vraiment de progresser ? Oui. Elle réduit le pic de VO2 et allonge la récupération. Sans traitement, vous pédalez en sous-régime.
Quel home trainer pour l’hiver avec un SAOS ? Privilégiez les ergocycles cardio-training, zone 2 max, 30-45 minutes. Décathlon propose des modèles à 200-500 €.
Quels risques si je ne traite pas ? Fatigue chronique, risque de chutes multiplié par 1,7, baisse de l’énergie qui mène à la sédentarité.
Peut-on combiner vélo et PPC ? Absolument. Le cyclisme modéré amplifie les effets du traitement. Consultez d’abord un médecin du sport.
Ce que j’en retiens
À 69 ans, j’ai compris qu’on ne plaisante pas avec le sommeil. Le test m’a sauvé ma saison 2026. Si vous vous reconnaissez — fatigue au réveil, somnolence, sorties qui raccourcissent —, faites le test. Un site comme sfrms-sommeil.org vous oriente. Le vélo redonne de la vie. Encore faut-il dormir pour en profiter.




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