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Le Col du Sabot, niché au cœur des Alpes françaises, est un géant méconnu qui défie les cyclistes les plus aguerris. Culminant à 2100 mètres d’altitude dans le massif des AGrandes Rousses, ce col isérois cache une histoire fascinante et offre un défi sportif d’exception, rivalisant avec les ascensions les plus célèbres du Tour de France.
Le mystère du col oublié
Contrairement à ses illustres voisins comme l’Alpe d’Huez ou le Col du Galibier, le Col du Sabot n’a jamais connu la gloire des grandes courses cyclistes professionnelles. Cette particularité s’explique par sa configuration unique : une route carrossable n’existe que sur son versant sud-ouest, faisant du col un cul-de-sac impropre aux compétitions. Pourtant, cette caractéristique qui l’a tenu à l’écart des projecteurs est aussi ce qui fait aujourd’hui son charme auprès des cyclistes amateurs en quête d’authenticité.
Avec ses 14,5 kilomètres d’ascension, un dénivelé positif de 1283 mètres et une pente moyenne de 8,8%, le Col du Sabot ne laisse aucun répit aux grimpeurs. Des passages atteignant 15,6% mettent à rude épreuve les mollets les mieux entraînés, justifiant amplement son classement hors-catégorie. Le site spécialisé climbfinder lui attribue un indice de difficulté de 1185, surpassant ainsi des cols mythiques comme la Croix de Fer (1102) ou l’Alpe d’Huez (994).
Une frontière devenue défi sportif
L’histoire du Col du Sabot est intimement liée à celle de la frontière franco-savoyarde. Jusqu’en 1860, ce passage alpin marquait la limite entre la France et le Royaume de Sardaigne, auquel appartenait alors la Savoie. Son nom même, dérivé du mot « Sabaudia » signifiant Savoie en patois local, témoigne de ce riche passé frontalier.
La commune de Vaujany, située sur la route du col, abritait un poste-frontière stratégique pour la défense de la province du Dauphiné. Ce rôle géopolitique a façonné l’histoire du col bien avant que les cyclistes ne s’y intéressent. Des vestiges de cette époque, comme des murets et d’anciennes cabanes de bergers, parsèment encore le paysage, rappelant l’activité pastorale qui animait autrefois ces hauteurs.
L’évolution d’un col mythique
La transformation du Col du Sabot en défi cycliste s’est faite progressivement. D’abord simple sentier muletier emprunté par les bergers et les colporteurs, il a vu sa route actuelle construite dans les années 1960. Cette évolution a ouvert la voie à une nouvelle ère, celle du cyclisme de montagne.
Bien que jamais intégré aux parcours des grandes courses professionnelles, le Col du Sabot s’est taillé une réputation grandissante auprès des cyclotouristes et des amateurs de défis extrêmes. Sa difficulté technique, couplée à un environnement naturel préservé, en fait une ascension de choix pour ceux qui cherchent à repousser leurs limites loin des foules des cols plus célèbres.
Le Sabot aujourd’hui : un joyau préservé
Depuis 2010 environ, une initiative locale a contribué à renforcer l’attrait du Col du Sabot pour les cyclistes. Chaque année, généralement en juillet, la route est fermée aux véhicules motorisés pour une journée entière, offrant aux cyclistes l’opportunité unique de conquérir ce géant dans des conditions idéales. Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre de l’Oisans Col Series, attire des passionnés de toute l’Europe, désireux de se mesurer à l’un des cols les plus difficiles de France.
L’ascension du Col du Sabot offre une expérience unique, loin du tumulte des cols surpeuplés. Le parcours traverse d’abord les hameaux pittoresques de Vaujany, avant de s’élever à travers des pâturages alpins. Au sommet, la récompense est à la hauteur de l’effort : une vue panoramique englobant le lac de Grand Maison, les routes menant aux cols de la Croix de Fer et du Glandon, et par temps clair, le majestueux mont Blanc.
Conclusion : un défi pour l’avenir
Le Col du Sabot reste un témoin silencieux de l’évolution du cyclisme de montagne. Alors que des cols comme l’Alpe d’Huez attirent les foules, le Sabot offre une expérience plus intime et authentique. Il rappelle que le véritable esprit du cyclisme réside parfois dans ces ascensions méconnues, où l’homme se mesure à la montagne loin des caméras et des foules.
À l’heure où le cyclisme cherche à se réinventer et à proposer de nouveaux défis, des cols comme le Sabot pourraient bien représenter l’avenir de ce sport. Ils incarnent un retour aux sources, à l’essence même du cyclisme de montagne : le dépassement de soi face à la nature dans toute sa grandeur.
Que l’on soit un grimpeur chevronné ou un amateur en quête de sensations fortes, le Col du Sabot reste une ascension à mettre sur sa liste. Il prouve que les légendes du cyclisme ne se forgent pas uniquement sur les routes du Tour, mais aussi sur ces cols préservés où chaque coup de pédale est une victoire sur soi-même et sur la montagne.
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Très joli col avec effectivement quasiment pas de circulation. Il se mérite.
Entièrement d’accord avec vos écrits !
Originaire de l’Oisans, j’ai gravi ce col magnifique par une belle journée chaude du mois d’ août, en 2000, panorama, tranquilité, en semaine! A recommander pour tout bon cycliste, amoureux de la nature et de l’effort.
Gravi en juillet 2024,en partant du Bourg d’Oisans , très grosse dénivelé, mais je suis un pur grimpeur, j’ai adoré, par contre le revêtement est moyen, surtout dans la descente!!!
J’aime beaucoup ce col pour l’avoir fait plusieurs fois en vélo. Par contre,la route était étroite et n’aurait pas voulu y croiser des voitures.Heureusement cela n’a pas été le cas,mais c’était il y a une dizaine d’années….