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Le vélo électrique, de la triche ? La science dit exactement l’inverse

Le vélo électrique, c’est de la triche ? Pas si vite. Les données scientifiques montrent que les utilisateurs de VAE font en moyenne plus d’exercice que les cyclistes classiques, et pas qu’un peu. Un renversement de logique qui mérite qu’on s’y attarde.

Le préjugé qui colle au VAE depuis des années

On l’entend partout sur les sorties du dimanche : « le vélo électrique, c’est pour ceux qui ne veulent pas pédaler ». Ce jugement est tellement ancré qu’il freine encore beaucoup de cyclistes à franchir le pas. Pourtant, les recherches scientifiques racontent une histoire bien différente. Le VAE fait effectivement travailler le corps, et les chiffres montrent qu’il le fait même davantage que le vélo traditionnel.

Le mécanisme est finalement assez logique quand on y réfléchit : l’assistance électrique abaisse la barrière à l’entrée. On prend le vélo pour des trajets qu’on n’aurait jamais envisagés à la force des mollets, on rallonge les sorties sans craindre le retour, on attaque les dénivelés sans se décourager. Résultat : le volume total d’effort sur la semaine grimpe, et avec lui les bénéfices cardio-vasculaires.

En France, plus des deux tiers des trajets de 1 à 10 km sont réalisés en voiture. C’est exactement la distance où le VAE peut s’imposer sans effort surhumain.

13 g de CO2 par km : la batterie ne pollue pas tant que ça

L’autre grand reproche fait au VAE, c’est sa batterie. « Ça pollue à la fabrication, ça pollue à l’usage. » Les travaux d’Anne de Bortoli, professeure associée à l’Université du Québec à Montréal et chercheuse associée à l’École des Ponts ParisTech, mettent les choses en perspective. Sur l’ensemble du cycle de vie, en supposant une utilisation sur 20 000 km, l’empreinte carbone d’un VAE n’est que de 13 g CO2e/km. C’est à comparer aux 60 à 75 g/km d’une voiture citadine électrique, et aux plus de 100 g/km d’un véhicule thermique classique.

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Le vélo musculaire affiche 10 à 12 g CO2e/km, soit une différence minime avec son cousin électrifié. En France, 94 % de l’empreinte carbone d’un VAE est concentrée sur la fabrication. L’usage au quotidien, lui, pèse quasi rien. Difficile de maintenir l’argument « la batterie, ça pollue » face à ces ordres de grandeur.

280 millions de VAE dans le monde, et un million de barils économisés chaque jour

En 2022, on comptait 280 millions de vélos électriques et cyclomoteurs en circulation sur la planète. Selon les estimations de Bloomberg New Energy Finance, ces engins permettent d’économiser un million de barils de pétrole par jour, soit 1 % de la demande mondiale. C’est colossal pour des objets qui coûtent une fraction d’une voiture électrique.

En France, les données de l’ADEME issues de son diagnostic sur les services vélos de 2021 confirment l’effet de substitution. Parmi les abonnés à des services de location longue durée de VAE, 13 % renoncent à l’achat d’une voiture et 12 % se sont séparés d’un véhicule. Chez ceux qui achètent leur VAE en propre, l’utilisation de la voiture recule de 226 km par mois en moyenne, contre 188 km chez les utilisateurs de vélos classiques. Ce n’est pas anodin.

Le plan vélo lancé en 2023 par Élisabeth Borne, qui visait à « définitivement inscrire le vélo dans le quotidien de tous les Français », a depuis été revu à la baisse. Un recul d’autant plus difficile à comprendre que les chiffres plaident clairement pour un développement massif du VAE.

Pourquoi ça nous concerne directement, nous les cyclistes du dimanche

Pour les cyclistes amateurs qui cumulent les kilomètres depuis des années, le VAE peut sembler une capitulation. Mais la question n’est pas là. Ce qui compte, c’est le volume d’activité physique global que génère ce type de vélo dans la population. Et sur ce point, la science est claire : le VAE fait bouger des gens qui ne bougeraient pas autrement, et fait bouger plus ceux qui utilisaient déjà un vélo.

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Pour ceux d’entre nous qui approchent ou dépassent la cinquantaine, avec des genoux qui commencent à se rappeler à notre bon souvenir, l’assistance électrique sur les fins de sortie ou les grosses bosses n’est pas une faiblesse. C’est un outil pour continuer à rouler long et régulier, ce qui reste l’objectif principal en matière de santé cardio-vasculaire.

Thibault
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