vélos en bois

Stylés, performants, écoresponsables : ce fabricant français propose des vélos… en bois !

Du bois, du lin… et des watts. Non, ce n’est pas le pitch d’un film écolo sur le Tour de France, mais bien la promesse (très réelle) d’une petite marque française qui commence à faire beaucoup parler d’elle.

Installée près de La Rochelle, cette entreprise bretonne fabrique des vélos en bois et ces modèles designs ne sont pas faits pour décorer le salon. On parle de vraies machines de route et de gravel, conçues pour rouler loin, vite et avec style. Le résultat est bluffant.

Une idée un peu folle… devenue brillante

Cette aventure cycliste boisée est née de la rencontre de trois ingénieurs passionnés : benjamin Boissier, Bruno Merelle et Guillaume Bolzec.

Leur atelier voit le jour en 2023 sur le plateau nautique de Charente-Maritime.

Un lieu qui ne doit rien au hasard, puisque la confection de leurs vélos emprunte des techniques de construction inspirées du nautisme, où le bois et les composites cohabitent déjà depuis longtemps.

Leur prototype sorti de l’atelier en 2022 va vite faire du chemin. Littéralement, puisque deux pointures du vélo longue distance, Antoine Brachet (ancien triathlète) et Alan Jacopin (aussi spécialiste du BMX) rejoignent l’aventure et apportent leur expertise pour transformer ces beaux cadres en véritables machines de performance. Spoiler : le pari est réussi.

Embrun : le gravel en mode green et costaud

Premier-né du catalogue Gonnel, l’Embrun est un vélo de gravel conçu pour les longues distances, là où le confort et la robustesse sont aussi importants que le style.

Sa recette ?

Un cadre composé à 80 % de matériaux végétaux (peuplier, frêne et lin). Le frêne, avec ses fibres longues, apporte de la nervosité et de la réactivité, tandis que le lin absorbe les vibrations pour un confort royal sur les longues heures de selle. Son prix : à partir de 3 600 € en configuration de base

Son poids : 3,2 kg pour le cadre seul Le reste est personnalisable : tige de selle, cintre, roues, transmission ou encore pneus, les fabricants laissent le choix entre plusieurs périphériques, ce qui fait varier le prix final et le poids. En résumé : un vélo à votre image, sans compromis sur les sensations.

Alliage : le vélo de route en bois… et en carbone

Oui, vous avez bien lu : bois et carbone, le duo improbable qui fait des étincelles.

Le modèle Alliage, pensé pour la route et l’ultra-distance, associe bois de paulownia (ultra léger : 400 g pour le noyau) et renforts en peuplier et fibres de carbone sur les zones de contraintes. Le tout donne un cadre nerveux ultra confortable, avec une capacité d’absorption des vibrations qui ferait rougir pas mal de cadres carbone classiques.

Prix : à partir de 4 200 €. Poids : 2,7 kg pour le cadre seul. L’Alliage signé par les Ateliers Gonnel est proposé en trois tailles (S, M, L) et dispose de supports de sacoches intégrés pour l’ultra distance. Comme pour l’Embrun, les principaux composants permettent plusieurs choix pour un vélo semi sur mesure, prêt à avaler des cols ou traverser des continents.

Des vélos (vraiment) écoresponsables

Ce n’est pas juste du marketing bien huilé : les modèles signés des Ateliers Gonnel sont de vrais vélos écoresponsables, made in France, conçus en circuit court. Le bois vient de forêts charentaises, le lin est cultivé en Normandie, les résines biosourcées et la fibre carbone sont produites chez Sicomin, en France.

Même les moules sont fabriqués localement.

Bref, on est loin du greenwashing : ces vélos allient technologie, performance et respect de l’environnement. Cerise sur le guidon : contrairement à beaucoup de cadres bois 100 % artisanaux, les Gonnel sont pensés pour pouvoir être produits à plus grande échelle, sans perdre leur âme.

Une petite marque qui monte, qui monte…

Depuis leurs débuts, les ateliers Gonnel avancent vite (et pas seulement sur la route). Après un déménagement récent, ils visent désormais une production de 8 vélos par mois (contre 3 à 4 auparavant), avec l’objectif d’élargir leur gamme et de réduire les délais. Le tout en 30 heures de fabrication par vélo, contre 50 dans leur ancien atelier.

Une démarche qualitative et innovante qui ne passe pas inaperçue dans le paysage cycliste. Preuve en est des nombreuses distinctions récoltées en deux ans, dont :

  • Start-up la plus prometteuse de l’année 2024 (salon Vélo in Paris)
  • Prix du public et Prix de l’Innovation (par Émergence, 2024)
  • Prix du public et de l’originalité (par les Artisans du Cycle, 2023)

Pas mal pour une entreprise née il y a à peine deux ans, non ? Design, performance, démarche environnementale : les vélos Gonnel ont ce petit supplément d’âme qu’on retrouve rarement dans un vélo de série. Si vous voulez rouler loin, vite et différemment, tout en faisant un geste pour la planète : c’est peut-être le moment de troquer un peu de carbone contre du bois.

Perso je ne laisserai bien tenter… Mais pas sûr que l’idée plaise à mon banquier !

Thibault
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