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Une pétition veut faire sauter la limite des 25 km/h pour les vélos électriques : les cyclistes se mobilisent

La limite actuelle de 25 km/h pour l’assistance des vélos électriques est-elle devenue obsolète ? Une pétition déposée sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale relance le débat et commence à circuler dans les clubs cyclistes français, notamment chez les licenciés FFCT et UFOLEP.

L’objectif affiché est clair : permettre une dérogation pour les vélos à assistance électrique utilisés dans un cadre sportif, afin d’augmenter la vitesse maximale d’assistance jusqu’à 32 km/h. Un sujet sensible, qui oppose sécurité, réglementation européenne et évolution des pratiques cyclistes.

Une pétition qui relance un vieux débat chez les cyclistes

La pétition, enregistrée sous le numéro 5262, propose de revoir la limite actuelle de 25 km/h pour l’assistance électrique. Aujourd’hui, dans l’Union européenne, les VAE doivent respecter plusieurs règles précises : une puissance maximale de 250 watts, une assistance active uniquement pendant le pédalage, et une coupure automatique de l’assistance à 25 km/h.

Ce cadre permet aux vélos électriques de rester dans la catégorie des vélos classiques, sans immatriculation, sans assurance spécifique obligatoire et sans permis. Mais pour certains pratiquants, cette règle est désormais perçue comme un frein à une pratique sportive devenue plus courante qu’auparavant.

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Pourquoi certains cyclistes veulent passer à 32 km/h

La pétition met en avant une réalité de terrain de plus en plus fréquente : de nombreux cyclistes utilisent désormais le VAE comme outil de pratique sportive, notamment pour continuer à rouler malgré l’âge, une baisse de condition physique ou certaines limitations.

Dans les régions vallonnées, le vélo électrique permet par exemple à des pratiquants expérimentés de continuer à suivre un groupe dans les montées. Mais sur le plat, la coupure de l’assistance à 25 km/h devient beaucoup plus pénalisante. Sur un vélo souvent plus lourd qu’un modèle classique, maintenir une allure rapide sans aide peut vite devenir difficile, surtout dans les faux plats ou lors des relances.

Les défenseurs de cette évolution estiment qu’un passage à 32 km/h permettrait surtout de rendre la pratique plus fluide, sans transformer pour autant les VAE sportifs en cyclomoteurs déguisés.

Le cas concret qui revient souvent : continuer à rouler en club

Le message relayé autour de cette pétition repose sur un argument très concret : celui des cyclistes qui veulent simplement continuer à rouler avec leur club. L’exemple mis en avant est celui d’un pratiquant disposant d’une double résidence entre une zone vallonnée en Charente limousine et une zone plus plate en Charente-Maritime.

Dans les côtes, le VAE lui permet de continuer à suivre. Mais sur les portions roulantes, surtout dans les faux plats à 1 à 3 %, la limitation actuelle devient un vrai handicap. C’est précisément ce type de situation qui nourrit la demande d’une dérogation ciblée pour les licenciés FFCT et UFOLEP.

Pourquoi la limite des 25 km/h existe depuis le départ

Si cette règle agace certains pratiquants, elle n’a pas été fixée au hasard. Elle repose sur plusieurs logiques qui expliquent pourquoi l’Europe a choisi de bloquer l’assistance à cette vitesse.

Maintenir les VAE dans la catégorie des vélos

Le premier objectif est juridique. En limitant la vitesse d’assistance à 25 km/h, les VAE restent assimilés à des vélos. Cela évite aux utilisateurs toute une série de contraintes administratives comme l’immatriculation, l’assurance spécifique, le casque homologué ou encore certaines obligations proches de celles des cyclomoteurs.

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C’est aussi cette simplicité réglementaire qui a largement favorisé la démocratisation du vélo électrique en Europe.

Protéger les usagers les plus exposés

La deuxième raison est liée à la sécurité. Dans les centres-villes, sur les pistes cyclables et dans les zones mixtes, les vélos électriques partagent l’espace avec des cyclistes classiques, des piétons, des trottinettes et parfois des enfants. À vitesse plus élevée, les distances de freinage augmentent et les conséquences d’un choc deviennent plus graves.

Pour les défenseurs de la réglementation actuelle, la limite de 25 km/h reste donc un compromis entre assistance, accessibilité et cohabitation avec les autres usagers.

Préserver l’autonomie et la mécanique

Un autre argument souvent avancé concerne la technique. Au-delà de 25 km/h, l’assistance électrique solliciterait davantage la batterie, le moteur, les freins et plus largement l’ensemble du vélo. Une assistance prolongée à haute vitesse augmenterait mécaniquement la consommation énergétique et l’usure des composants.

Autrement dit, la limite actuelle permet aussi de préserver l’autonomie et la durabilité du matériel, ce qui n’est pas anodin sur des vélos parfois coûteux.

Les arguments de ceux qui défendent la règle actuelle

Les opposants à toute hausse de la limite rappellent également que le vélo électrique européen a justement trouvé son équilibre grâce à cette philosophie. Pour eux, un VAE n’est pas censé devenir un scooter léger. Il doit rester un vélo assisté, c’est-à-dire un engin qui accompagne l’effort, sans le remplacer complètement.

Ils soulignent aussi qu’à partir de 25 km/h, beaucoup de cyclistes peuvent continuer à accélérer par leur propre effort, surtout sur le plat ou en descente. Selon cette vision, la coupure de l’assistance n’empêche pas d’aller vite, elle oblige simplement à pédaler davantage.

Enfin, certains estiment qu’une assistance jusqu’à 32 km/h risquerait d’encourager une forme de dépendance au moteur, au détriment du bénéfice physique que procure le vélo.

Les arguments de ceux qui veulent faire évoluer la règle

À l’inverse, les partisans de la pétition estiment que la réglementation actuelle ne correspond plus totalement à la diversité des usages. Entre le vélotaf, les longues sorties en campagne, la reprise d’activité après une blessure, le maintien dans une pratique club ou l’accompagnement de groupes plus rapides, les besoins ne sont plus les mêmes qu’il y a quelques années.

Ils rappellent aussi qu’aux États-Unis, la limite d’assistance est souvent fixée à 32 km/h, ce qui montre qu’un autre équilibre réglementaire est possible. Pour eux, une légère hausse de la vitesse maximale ne signifierait pas forcément une explosion du danger, surtout si elle restait encadrée dans un cadre bien défini.

Le débridage, une réalité qui alimente le débat

Ce débat prend aussi de l’ampleur parce qu’une partie des utilisateurs choisit déjà de contourner la règle. Le débridage des VAE existe bel et bien, même s’il reste illégal. Certains cherchent ainsi à prolonger l’assistance au-delà de 25 km/h pour gagner en confort, en vitesse moyenne ou en facilité sur les parcours roulants.

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Mais cette pratique n’est pas sans conséquences. Un vélo débridé peut perdre sa conformité légale, sa garantie constructeur et, en cas d’accident, poser de gros problèmes du côté de l’assurance. Sans parler du fait que les composants n’ont pas toujours été pensés pour subir durablement ces contraintes supplémentaires.

Pour plusieurs défenseurs de la pétition, c’est justement parce que cette pratique existe déjà qu’il faudrait ouvrir un vrai débat public, plutôt que de laisser s’installer une zone grise entre usage réel et réglementation officielle.

Une pétition encore loin d’un vrai basculement

Pour le moment, cette pétition reste encore très loin d’un changement concret. Sur la plateforme de l’Assemblée nationale, il faut atteindre 100 000 signatures pour gagner en visibilité. Et pour qu’un débat en séance publique puisse être envisagé, il faut aller beaucoup plus loin, avec au moins 500 000 signatures issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer.

Autant dire que le chemin est encore long. Mais ce sujet touche à des enjeux très actuels : le vieillissement des pratiquants, l’essor du vélo électrique, la pratique sportive inclusive, et la place du VAE dans la mobilité de demain.

Le débat sur les VAE sportifs ne fait peut-être que commencer

Cette pétition ne changera peut-être rien à court terme. Mais elle met le doigt sur une question qui risque de revenir de plus en plus souvent : la limite de 25 km/h est-elle encore parfaitement adaptée à tous les usages du vélo électrique ?

Entre ceux qui veulent préserver l’esprit initial du VAE, centré sur la sécurité et l’accessibilité, et ceux qui réclament une évolution mesurée pour accompagner la réalité du terrain, le débat est désormais lancé.

Et à mesure que les vélos électriques prennent une place plus grande dans les clubs, sur les routes et dans les déplacements du quotidien, la pression pourrait bien monter autour de cette règle que beaucoup considéraient jusque-là comme intouchable.

Thibault
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