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J’ai pédalé 127 km en deux jours avec des sacoches Decathlon à 35 €, dormi dans un camping municipal à 14 €, et compris pourquoi les cyclotouristes ont ce sourire béat. Ce week-end de mai, entre Orléans et Blois sur la Loire à Vélo, a pulvérisé trois ans d’excuses bien rangées. La seule vraie question maintenant : pourquoi j’ai attendu aussi longtemps ?
Les 5 excuses qui m’ont retenu 3 ans (et pourquoi elles étaient fausses)
« Je n’ai pas le bon vélo. » Mon VTC Riverside 120 à 280 € a avalé les 127 km sans broncher. Zéro crevaison. Les cyclotouristes croisés roulaient sur des machines de 15 ans pour certains. L’excuse numéro deux : « Je ne suis pas assez entraîné. » Je fais 18 km quotidiens pour aller bosser. Ça m’a suffi pour tenir 63 km par jour à 17 km/h de moyenne, sacoches comprises. Troisième frein : « C’est compliqué de trouver où dormir. » J’ai réservé mon camping sur Huttopia en 10 minutes, 48 heures avant le départ.
La navigation ? Komoot a tracé mon parcours, et j’ai gardé une carte IGN papier jamais dépliée dans la sacoche. Dernier obstacle mental, le plus pernicieux : « Les vrais cyclotouristes vont me juger. » Un retraité en tandem m’a offert un café à Meung-sur-Loire et raconté ses débuts catastrophiques en 1998. La communauté cyclotouriste est d’une bienveillance déconcertante. Total investi en matos neuf pour ce premier voyage : 87 € (sacoches + chambre à air de secours + gourde 1 L). Le reste, je l’avais déjà. Pour découvrir les bases du cyclotourisme, pas besoin de vider son compte.
Samedi 7h18 : le déclic sur la D951
La lumière rasante sur les champs de colza, entre Cléry-Saint-André et Beaugency. Je roule depuis 52 minutes. Mes jambes sont fraîches, l’air sent l’herbe coupée, et je n’ai croisé que 8 voitures. Un banc de pierre devant l’église. Je sors mon thermos de café. Un type en tandem s’arrête. « Première fois ? » Il fait le tour de Bretagne, 12 jours, 840 km. On parle 20 minutes. Il repart. Je repars.
C’est là que j’ai compris. Le voyage à vélo, c’est pas l’effort. C’est cette parenthèse où le temps se dilate. Les pauses de 10 minutes toutes les heures deviennent des micro-aventures. Le boulanger de Tavers qui me refile un éclair « pour la route ». Le couple néerlandais qui galère avec une crevaison, je leur prête ma pompe. Sur 63 km, j’ai fait 420 m de D+ à mon rythme. Vitesse moyenne : 17,3 km/h sacoches comprises (8,4 kg de bagages). J’ai mis 3h40 de selle effective.
L’improvisation heureuse remplace la peur du vide logistique. À Beaugency, je trouve une épicerie fermée. Le camping municipal a une supérette. Tout se règle. La différence entre bikepacking et cyclotourisme ? Je m’en fous. Je roule, je dors, je repars. Le reste, c’est du vocabulaire.
Le matériel qui a vraiment servi (et celui qui dort encore dans les sacoches)
Bilan post-mortem brutal. INDISPENSABLE : deux chambres à air (une utilisée dimanche matin), démonte-pneus, mini-pompe Topeak 120 g, sac de couchage Quechua 780 g, gourdes 1,5 L, crème solaire indice 50. INUTILE : réchaud jamais sorti (sandwichs boulangerie 5,80 € vs popote 45 min), troisième cuissard (j’ai roulé deux jours avec le même), guide papier Loire à Vélo jamais ouvert (Komoot suffit largement).
Poids total bagages : 8,4 kg pour deux jours. Budget réel : 176 € (deux nuits camping 28 €, repas 68 €, train retour Blois-Paris avec vélo 80 €). Erreur d’emballage : j’ai plié mes fringues. Les rouler fait gagner 18 % de volume dans les sacoches. Conseil clé : emprunter ou louer pour le premier voyage. Mon pote m’a prêté ses sacoches Ortlieb. J’ai économisé 240 €. Si ça ne me plaisait pas, je ne perdais rien. Maintenant, je vais les acheter. Pour préparer votre première aventure en bikepacking, la règle est simple : partir léger, compléter après.
Comment partir ce week-end (même si vous lisez ceci un jeudi soir)
Plan d’action 48 heures chrono. Un : tracer 90-110 km aller sur Komoot, éviter les parcours avec plus de 900 m de D+. Vérifier les trains retour avec vélo sur l’appli SNCF (TER régionaux, places vélo non réservables mais disponibles). Deux : réserver camping municipal ou gîte Accueil Vélo pour l’étape. Warmshowers si vous êtes à l’aise avec l’hébergement chez l’habitant. Trois : check mécanique 30 minutes. Pression pneus 5,5 bars route, chaîne graissée, freins testés en roulant 500 m.
Quatre : remplir deux sacoches basiques. Vêtements roulés, trousse de toilette mini (75 g), barres énergétiques + fruits secs. Cinq : partir SANS objectif kilométrique rigide. J’ai coupé le samedi à 63 km au lieu des 70 prévus. Mes jambes criaient. J’ai écouté. Trois itinéraires starter France : Loire à Vélo Blois-Tours (2 jours, 120 km, plat), Canal des Deux Mers Toulouse-Carcassonne (2-3 jours, 150 km, voie verte intégrale), Vélodyssée Arcachon-Mimizan (2 jours, 95 km, pinède et océan). Consultez les itinéraires adaptés aux débutants pour affiner votre choix selon votre région.
Les questions que je me posais (et les réponses trouvées sur la route)
Quelle météo minimum ? 16°C et 65 % de chance de sec suffisent. J’ai roulé sous crachin léger dimanche matin avec une veste imperméable. Zéro problème.
Et si je crève deux fois ? Deux chambres à air + numéro de taxi vélo local en backup (jamais appelé). La peur irrationnelle numéro un.
Manger où ? Boulangeries de village. Sandwich jambon-beurre + éclair = 5,80 €. Les restos m’auraient coûté 58 € de plus sur deux jours.
Forme physique honnête ? Si tu fais 22 km urbains sans douleur, tu peux faire 60 km route plate avec pauses.
Seul ou accompagné ? Seul pour ma première fois. Liberté totale de rythme. Mais un duo apporte une sécurité psychologique. Choix personnel.
Le mini-voyage à vélo, c’est 80 % du plaisir d’un grand périple avec 20 % de la préparation. Je repars dans trois semaines. Cette fois, cap sur la Bourgogne. Les jambes n’attendent plus.
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