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Kilomètre 87, le col se redresse à 11 %. Paul Seixas, 19 ans, suit Tadej Pogačar et Remco Evenepoel. Derrière eux, le peloton des Championnats d’Europe 2025 explose. Le Français termine 3ᵉ. Deux semaines plus tard, il prend la 7ᵉ place du Tour de Lombardie, Monument-level, face aux meilleurs mondiaux. Paul Magnier, l’autre espoir sprinteur, cumule 20 victoires. La génération dorée française n’est plus une promesse. Elle roule déjà. Seixas incarne ce renouveau : 86 victoires tricolores en 2025, +21 sur 2024. Mais l’hiver 2026 pose une question brûlante — Tour de France ou Vuelta ? À 19 ans, il doit choisir. Ce qui se décide maintenant façonnera les 10 prochaines années du cyclisme français.
De l’espoir à la révélation — comment Seixas a explosé en 2025
Paul Seixas termine l’année 2025 en fracassant les codes. Podium aux Championnats d’Europe 2025 derrière Pogačar et Evenepoel. 7ᵉ au Tour de Lombardie, à 19 ans, face à des coureurs qui ont 5 à 10 saisons de plus. Ces résultats ne sont pas des accidents. Ils s’inscrivent dans un renouveau massif : 22 Français en World Tour hors équipe nationale, contre 2 en 2005. Magnier explose avec 20 victoires, dont 13 sprints gagnés sur 14 en fin de saison. Kévin Vauquelin signe deux 2ᵉ places à la Flèche Wallonne. Romain Grégoire lève les bras 7 fois.
Le cyclisme français n’avait plus gagné d’étape World Tour depuis 20 ans. Seixas change la donne. « Forcément quand on suit ces gars-là une fois, même si c’est qu’une fois, cela donne beaucoup de confiance », confie-t-il début 2026. « En étant beaucoup plus jeune qu’eux, je me dis que si l’année dernière en fin de saison, j’ai réussi à les suivre, cela veut dire que si je progresse encore, je vais pouvoir combler cet écart. » Fin novembre 2025, il enchaîne un stage en Espagne post-Lombardie. Deux mois de préparation. Objectif : digérer la saison, construire l’hiver.
La préparation hivernale décryptée — ce que Seixas planifie pour 2026
Janvier 2026. Calpe, Espagne. Décathlon AG2R enchaîne les sorties : 268 km, 4 029 m D+, 8h05 de selle, 33 km/h de moyenne. Puis Sierra Nevada. Altitude supérieure à 2 300 m. Tempête de neige, vents violents. Home-trainer forcé. Pas de séances Z2-Z5 chiffrées publiquement, mais l’équipe partage des activités Strava : 250 W estimés en moyenne sur les sorties longues. Seixas encaisse. « Pour l’instant, je suis impatient d’être en Algarve », dit-il mi-janvier. La course portugaise, du 18 au 22 février, sert de test. Ensuite, Ardèche Classic le 28 février, Strade Bianche le 7 mars. Le gravier technique, les chutes potentielles. Préparation hivernale comme Vingegaard, mais avec un enjeu différent : Seixas doit prouver qu’il peut tenir 3 semaines.
Tour du Pays Basque, 6-11 avril. Flèche Wallonne, 22 avril. Liège-Bastogne-Liège, 26 avril. « Dès le début de saison, je ne me poserai pas de barrière », prévient-il. Mais Cyril Guimard, ancien DS, coupe net : « Il n’a pas la maturité pour faire le Tour de France 2026. Une année de construction. Travailler sur les classiques, courses à étape d’une semaine, Flandriennes, Ardenaises, apprendre à frotter. » Le débat fait rage. Parcours du Tour de France 2026, départ Barcelone, 4 juillet. Seixas décide post-Liège. Vuelta alternative, Giro écarté. Le risque ? Surentraînement avant 20 ans. La promesse ? Devenir le premier Français à briller sur Grand Tour depuis Bernard Hinault, 41 ans plus tôt.
Vers un Tour de France historique ? — impacts et perspectives
Sans victoire française sur Grand Tour depuis 1985. 90 éditions consécutives. Seixas pourrait casser cette série. Ou se brûler les ailes. « Je pense à ce qui est le mieux pour moi et c’est pour cela que je n’arrête pas encore la décision », explique-t-il. Forums Cyclism’Actu : 200+ upvotes pour la génération Seixas-Magnier-Vauquelin, surnommée « Pogačar français ». Eurosport tranche : « Paul Seixas ne saura qu’après Liège-Bastogne-Liège s’il sera au départ de Barcelone en juillet. » Guimard enfonce : « Quand on veut gagner le Tour de France, il faut aussi être bon sur les pavés. Il faut apprendre à frotter. Les grands coureurs quand ils viennent sur le Tour, ils le gagnent la première fois. Il doit venir en patron. »
Le renouveau français s’accélère. 22 coureurs en World Tour, +86 victoires en 2025. Critérium d’Andorre en juin 2026 : 150 000 € de primes pour les stars (Roglic, Vingegaard, Pogačar). Seixas, lui, construit sa base. Magnier sprinte, Vauquelin puncheur rejoint Ineos, Martinez confirme. La France tient enfin ses successeurs. Reste à savoir si Seixas choisira la patience ou l’audace. La réponse, fin avril. En attendant, il roule. Sierra Nevada, Algarve, Strade Bianche. Étape par étape.
La saison ne fait que commencer. Les cols, eux, n’attendent personne. Seixas pédale vers son destin. Avec ou sans maillot jaune en juillet.




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