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La dernière étape du Tour de France 2025, prévue le 27 juillet avec un passage inédit par Montmartre, divise profondément le monde du cyclisme. D’un côté, Jérôme Pineau, ancien coureur et consultant pour RMC, se montre enchanté par cette innovation et défend fermement le choix des organisateurs. De l’autre, des grands noms du peloton comme Remco Evenepoel et Jonas Vingegaard expriment leurs vives inquiétudes face à ce tracé qu’ils jugent stressant et dangereux.
Pineau défend le spectacle et critique les plaintes
Jérôme Pineau ne cache pas son enthousiasme pour ce passage par Montmartre, qu’il considère comme un « dernier juge de paix » décisif si le classement général n’est pas encore joué au moment d’arriver à Paris. Pour l’ancien coureur, ce tracé apporte exactement ce que doit offrir le Tour de France : de la pression, du spectacle et de l’incertitude jusqu’au bout.
Particulièrement critique envers les coureurs qui se plaignent, Pineau n’hésite pas à tacler directement ceux qui expriment leurs craintes. Selon lui, s’ils ont peur de ce type de défi, ils peuvent se contenter de courses moins exigeantes comme les Coupes de France ou de Belgique. Cette sortie virulente illustre sa philosophie : c’est aux coureurs de prendre la parole dans le peloton et de faire la course, pas de se plaindre des difficultés.
Pineau valorise particulièrement l’aspect sportif et spectaculaire de ce passage, avec ses chemins blancs, ses pavés et ses cols difficiles pour les sprinteurs. Il estime que le parcours est bien dessiné pour dynamiser la course et la rendre plus intéressante, contrairement aux critiques qui y voient un danger inutile.
Les inquiétudes légitimes de Vingegaard et Evenepoel
Jonas Vingegaard soulève des préoccupations concrètes liées à la configuration de cette étape. Contrairement aux Jeux Olympiques de Paris 2024 où seuls 50 coureurs étaient présents dans le peloton lors du passage à Montmartre, le Tour de France verra environ 150 coureurs se positionner sur cette montée très étroite. Cette différence de densité inquiète profondément le double vainqueur du Tour.
Le Danois craint que cette configuration étroite et sinueuse dans les ruelles de Montmartre favorise les chutes ou les défaillances mécaniques, rendant la dernière étape plus dangereuse qu’à l’accoutumée. Il redoute que cette montée étroite avec 150 coureurs en lutte pour la victoire engendre plus de tension qu’il ne le souhaiterait, transformant une étape traditionnellement plus calme en piège potentiel.
Evenepoel privilégie la tradition
Remco Evenepoel partage ces inquiétudes et estime que ce passage ajoute un stress inutile à un moment où les coureurs seront déjà très fatigués après trois semaines de course. Le champion belge préfère une dernière étape plus classique, favorable aux sprinteurs sur les Champs-Élysées, et considère que compliquer le final avec Montmartre n’est pas nécessaire.
Evenepoel redoute que cette difficulté supplémentaire ne fausse la bataille finale en introduisant un facteur de hasard lié aux risques de chute ou de problèmes mécaniques. Pour lui, le Tour de France doit se jouer sur les qualités sportives pures, pas sur des éléments de chance ou de malchance liés à un tracé périlleux.
Un débat qui dépasse Montmartre
Cette polémique autour de Montmartre s’inscrit dans une longue tradition de tensions entre coureurs et organisateurs sur la conception du parcours et la gestion des risques. D’autres coureurs comme Wout Van Aert partagent les inquiétudes de Vingegaard et Evenepoel, évoquant un risque de « chaos » dans les rues étroites de Montmartre avec un peloton dense et nerveux, ce qui pourrait compromettre la sécurité des coureurs.
Ces tensions reflètent un équilibre délicat entre la volonté de spectacle, la sécurité des coureurs, et les intérêts commerciaux et médiatiques de l’organisation. Dans l’histoire du Tour, des tensions similaires ont parfois provoqué des grèves ou des protestations de la part des coureurs mécontents des conditions de course ou des priorités commerciales.
L’opposition entre tradition et innovation
Le conflit autour de Montmartre révèle deux visions du cyclisme moderne. D’un côté, celle de Pineau qui prône l’innovation, le spectacle et l’adaptation permanente des coureurs aux défis proposés. De l’autre, celle d’Evenepoel et Vingegaard qui privilégient la sécurité et le respect des traditions, notamment celle d’une dernière étape apaisée après trois semaines d’efforts intenses.
Cette opposition d’opinions entre coureurs et organisation sur la nature du parcours et son impact sur la course illustre les défis permanents auxquels fait face le Tour de France moderne. Entre besoin de renouvellement pour maintenir l’intérêt du public et préservation de la sécurité des acteurs, l’équilibre reste fragile et sujet à débat.
Le passage par Montmartre le 27 juillet 2025 constituera finalement un test grandeur nature de ces différentes philosophies. Reste à savoir si ce « dernier juge de paix » selon Pineau apportera le spectacle escompté ou confirmera les craintes exprimées par les grands favoris du classement général.
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