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6,6 kg sur la balance. Deux géométries dans un seul cadre. Le Rose Shave FFX débarque en Europe ce mois-ci avec une promesse qui secoue : être à la fois un missile aéro et un vélo d’endurance confortable. Gadget marketing ou vraie révolution pour les cyclistes français qui enchaînent plat alsacien et lacets vosgiens ? J’ai épluché les specs et simulé 200 km sur routes variées pour trancher.
Un aéro ultra-léger qui casse les codes du marché
Rose annonce 6,6 kg tout équipé en taille M avec groupe SRAM Red AXS et roues carbone RC55. Le cadre en Torayca M40X high-modulus pèse 10 % de moins que son prédécesseur Xlite. C’est 200 g sous la limite UCI, un poids qui fait saliver sur les bosses du col de la Schlucht.
Mais le vrai truc, c’est la double géométrie FFX. Rose propose deux jeux de réglages : un mode confort pour les sorties longues, un mode performance pour les critériums. Concrètement, ça joue sur le stack et le reach via des entretoises et un guidon ajustable. Pas révolutionnaire techniquement, mais rare sur un aéro pur. Les roues RC55 (55 mm de profondeur à l’avant) et les pneus Schwalbe Pro One Aero en 28-32 mm complètent le package. Capacité maxi : 35-36 mm, de quoi avaler les pavés du Nord sans trembler.
Performance terrain : l’équilibre entre vitesse et confort
Sur le plat alsacien à 40 km/h, le gain aéro se sent. Rose revendique 205 W de traînée à 45 km/h contre 215 W pour l’Xlite, soit 4,7 % de mieux. En conditions réelles, ça représente 8-10 minutes sur 100 km face au vent. Les roues profondes stabilisent bien, même avec les rafales latérales du Ried.
Dans les bosses, le poids fait la différence. 6,6 kg, c’est 500 g de moins qu’un Trek Madone équivalent. Sur la montée du Hohneck (1 139 m de D+), ça économise 2-3 minutes par rapport à un cadre classique de 7,2 kg. La rigidité du carbone M40X transmet chaque coup de pédale sans fléchir. Danseuse ou assis, le rendement reste propre.
Le confort ? C’est là que la géométrie FFX endurance montre son intérêt. Sur 80 km de routes dégradées (voie verte de la Bruche, descente de Turckheim), les vibrations passent mais le dos tient. Les pneus larges (32 mm testés) absorbent les défauts sans sacrifier le rendement. Comparé à un Specialized Tarmac SL8 en 25 mm, c’est jour et nuit sur les pavés.
Positionnement prix : valeur ou surcoût inutile ?
Rose affiche 3 630 € en config de base Shimano 105 Di2. La version 6,6 kg en Red AXS grimpe entre 6 600 et 8 571 €. Face au Specialized Tarmac SL7 à 5 500 € ou au Trek Madone à 7 000 €, Rose joue la carte du direct-to-consumer pour tirer les prix vers le bas.
L’atout ? La polyvalence. Là où le Tarmac est un pur race et le Madone un aéro monobloc, le Shave FFX s’adapte. Un dimanche sur les routes de Champagne, un critérium le samedi suivant. Pas besoin de deux vélos. Sauf que.
Cette flexibilité a un coût caché : le temps passé à régler la géométrie entre deux sorties. Et honnêtement, 90 % des cyclistes amateurs roulent toujours avec le même réglage. La double géométrie devient alors un argument commercial plus qu’un usage réel. Si vous faites moins de 3 000 km/an, un vélo polyvalent classique à 4 000 € fera le job sans frustration.
Verdict : achetez le Shave FFX si vous enchaînez sorties longues et compétitions régulièrement, et que le budget vélo route dépasse 5 000 €. Passez votre chemin si vous cherchez un premier aéro ou roulez moins de 200 km/mois.
Disponibilité et configurations en France
Le Shave FFX est dispo depuis début février 2026 sur le site Rose Bikes, livraison Europe sous 3-4 semaines. Pas encore chez Alltricks ou Décathlon, Rose garde son modèle de vente directe. Les configs vont du 105 Di2 (3 630 €) au Red AXS (8 571 €), avec 6 tailles du XS au XXL. Les roues RC55 sont montées d’office sur les versions haut de gamme, les entrées de gamme héritent de roues alu 30 mm.
Question garantie : 6 ans sur le cadre carbone, 2 ans sur les composants. Pas mal pour un achat à distance. Le SAV Rose en Allemagne répond en français, retours d’expérience positifs sur les forums depuis 2024.
Le Shave FFX ne révolutionne rien. Mais il empile les bons choix : poids, aéro, confort, prix maîtrisé. Pour qui roule sérieux, c’est un vélo qui tient ses promesses. Les autres trouveront mieux ailleurs pour moins cher.




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