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Tadej Pogačar a décidé de réécrire la carte du cyclisme. Pas de triplé Giro-Tour-Vuelta, jugé « peu réalisable ». À la place, un autre triplé, plus fou encore : cinq Monuments, plus un cinquième Tour de France. Personne n’avait osé ce calendrier. Il le tente.
Strade Bianche, 7 mars : le coup d’envoi d’une saison sans pitié
Le programme est implacable. Strade Bianche ouvre le bal le 7 mars. Pogačar l’a remportée pour la quatrième fois. Milan-San Remo suit le 21 mars, puis le Tour des Flandres le 5 avril, Paris-Roubaix le 12, Liège-Bastogne-Liège le 26. Cinq Monuments en 50 jours.
Il en manque deux au palmarès : Milan-San Remo et Paris-Roubaix. Le reste est déjà collectionné. Trois Flandre, quatre Liège, cinq Lombardia. À 27 ans, il cherche à réunir les cinq.
Le chiffre qui fiche les jetons : cinq victoires sur six courses en début de saison. Seule « défaite », une deuxième place à Roubaix derrière Wout van Aert. Même là, il a changé de vélo après une chute. On se demande ce qui se passe sans incident.
450 watts et la machine qui ne s’arrête plus
Sa puissance est passée de 409 watts en 2018 à 450-460 watts en 2022-2023. Les analystes le qualifient d’« injouable » et d’« intouchable ». Ce n’est plus du vocabulaire de journaliste, c’est du constat d’officiel.
Le Tour de Romandie, fin avril, confirme l’état de grâce. Quatre étapes sur cinq. Il roule comme si le peloton pédalait dans une autre dimension. Son agent tempère pourtant : Pogačar est humain, il a besoin de récupération. Le programme sera allégé après le Tour. L’épuisement de 2025, où il a déçu sur le Tour, reste dans toutes les têtes.
Le vrai danger ne vient pas des rivaux. Il vient de lui-même.
Vingegaard, Seixas et les illusions de concurrence
Jonas Vingegaard a remporté le Giro 2026. Le duel pour le Tour de France est annoncé. Mais le Danois semble lutter pour la deuxième place d’un film où Pogačar écrit seul le scénario.
Paul Seixas fera ses débuts sur le Tour. Nouveau talent, nouvelle dimension. Il n’a pas le temps de devenir rival. Pas cette année.
Paris-Roubaix reste l’incertitude. La seule course où le Slovène a dû s’incliner. Les pavés ne pardonnent pas, même aux surhommes. Il a terminé deuxième en 2026. La question n’est pas s’il gagnera un jour. C’est quand.
Le triplé des Grands Tours, pourquoi Pogačar dit non
Il l’a jugé « peu réalisable » lui-même. Trop de jours loin de chez soi, trop de fatigue. Le choix est rationnel : cinq Monuments plus un Tour valent mieux que trois Grands Tours émoussés. La domination passe aussi par ce qu’on refuse.
Peut-on vraiment l’arrêter en 2026 ?
Les aléas de la course, la chute, la maladie, la journée sans. Ça existe. Mais le cyclisme n’a jamais connu un coureur aussi complet à ce âge-là. Pas avec cette régularité sur tous les terrains. L’arrêter, c’est espérer qu’il se casse. Ce n’est plus du sport, c’est de la météo.
Le Tour se déroule du 4 au 26 juillet. Cinquième sacre en vue. Les légendes l’attendent au sommet. Pogačar ne semble pas pressé. Il a toute la saison pour les rejoindre.




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