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À 67 ans, j’ai avalé 750 km le long du Canal des Deux Mers en dix jours ce printemps. Royan, Toulouse, Sète. Des voies vertes lisses, le vent de l’estuaire dans les oreilles, les écluses qui rythment les pauses. Mais trois erreurs silencieuses ont plombé mon plaisir : un poids de sacoches mal calibré, des étapes trop longues pour mes jambes de senior, et des hébergements réservés trop tard. Résultat : fatigue accumulée, nuits bancales, regrets sur le bitume. Voici ce que je referais différemment en 2026, avec les bons chiffres et les bonnes adresses.
L’itinéraire du Canal des Deux Mers : 750 km de Royan à Sète, mais pas sans embûches
Le tracé officiel relie l’Atlantique à la Méditerranée via l’estuaire de la Gironde, le Canal de Garonne (270 km) et le Canal du Midi UNESCO. Sur les 750 km, 589 km sont des voies vertes, 216 km de routes partagées, et 87 km de sections provisoires. Le terrain est plat, le dénivelé négligeable. Mais.
J’ai sous-estimé ces 87 km provisoires. Entre Bordeaux et Toulouse, les tronçons non finalisés obligent à slalomer sur des départementales. Le vent de l’estuaire, lui, souffle fort dès le départ de Royan. Prévoir un jour tampon. Mon erreur : partir en mars sans vérifier les travaux en cours. Le site officiel canaldes2mersavelo.com publie les GPX actualisés. Je ne les ai téléchargés qu’au kilomètre 150.
Pour un senior, la durée recommandée n’est pas sept jours (moyenne 107 km/jour), mais dix à douze. J’ai calé sur 50 à 75 km par étape. C’est confortable si le corps suit. Mais à 67 ans, enchaîner 70 km avec 10 kg de bagages, ça brûle les cuisses. Le printemps 2026 offre des températures entre 10 et 20°C, l’affluence est faible avant Pâques. Partir fin mars, c’est gagner en tranquillité.
Étapes clés, hébergements Accueil Vélo et ravitaillement : où j’ai gagné (et perdu) du temps
J’ai découpé le parcours en dix étapes. Bordeaux-Toulouse sur trois jours (70 km/jour), Toulouse-Carcassonne en deux (52 km/jour), Carcassonne-Sète en trois (53 km/jour). Les sections les plus roulantes : Agen-Moissac (voies vertes impeccables), Toulouse-Castelnaudary (canal ombragé). Les plus tendues : l’estuaire de la Gironde (vent de face), les 15 km avant Sète (trafic routier).
Côté hébergements, j’ai réservé cinq nuits en Accueil Vélo. La Bonne Planque à Mas-Saintes-Puelles : 45 €/nuit, abri sécurisé, kit réparation gratuit. Au Jardin d’Amphora à Ginestas : 38 €, nettoyage vélo inclus. Ces deux adresses, je les referais les yeux fermés. Mon erreur : ne pas réserver l’étape de Moissac trois jours avant. J’ai dormi dans un hôtel à 12 km du canal, 68 € sans services vélo. Sur un itinéraire aussi fréquenté, anticiper deux semaines mini.
Ravitaillement : les points d’eau et WC jalonnent les canaux tous les 10 à 15 km. Les marchés de Toulouse (mardi, dimanche) et Carcassonne (jeudi) sont parfaits pour refaire le plein. À Buzet, dégustation de vins à 3 € remboursés si achat. Les pauses gastronomiques, c’est le luxe du cyclotourisme canal. Mais ça pèse dans les sacoches.
Le poids des bagages et organisation optimisée : mes regrets à 67 ans et comment éviter les pièges
J’ai embarqué 12 kg de sacoches. Trop. Mes bras ont encaissé les vibrations, mes épaules ont trinqué. Le seuil à ne pas dépasser pour un senior : 10 kg. Idéal : 8 kg. Sacoches Décathlon (50-80 €/paire), une tenue de rechange, trousse réparation, GPS. Le reste, c’est du superflu. Mon erreur : emporter trois livres, deux paires de chaussures, un nécessaire cuisine. J’ai tout envoyé par La Poste à Toulouse.
L’option VAE aurait changé la donne. Location à 10 €/jour à Valence-d’Agen, 40 €/semaine. Avec assistance électrique, les 12 kg ne pèsent plus. À 67 ans, l’orgueil de rouler en musculaire a un coût : dix jours de courbatures. Les astuces bikepacking pour bagages auraient aussi allégé le barda. Sac de couchage ultra-light (600 g), vêtements techniques compressibles.
Pour un senior sans entraînement régulier, passer un bilan médical avant de partir. Le vélo à 60 ans ou plus demande un minimum de préparation : 200 km dans les jambes avant le départ, fractionné doux, gainage. J’ai zappé le gainage. Le dos s’en souvient encore.
Questions terrain
Est-ce adapté aux débutants seniors ? Non. Niveau intermédiaire requis. Les 215 km de routes partagées imposent vigilance et autonomie. Un senior sans habitude cycliste devra s’entraîner trois mois avant.
Budget total pour dix jours ? Entre 300 et 500 € hors location vélo. Hébergements Accueil Vélo : 20-80 €/nuit. Repas : 15-25 €/jour si marchés + resto le soir. Location VAE : 100 €/semaine.
Le balisage est-il fiable ? Oui, 97 % de l’itinéraire est fléché (logo V80). Mais un GPS reste indispensable sur les sections provisoires. Les GPX officiels évitent les erreurs de navigation.
Risques en printemps ? Pluies possibles en mars, vents forts sur l’estuaire. Prévoir coupe-vent imperméable, gants longs. Éviter de rouler seul sans autonomie mécanique.
Le Canal des Deux Mers reste un des plus beaux itinéraires cyclotouristes de France. À 67 ans, je l’ai fait. Mais je le referais en dix jours avec 8 kg, un VAE, et les bonnes adresses réservées à l’avance. La différence entre un voyage épuisant et un voyage mémorable tient à ces détails. Les jambes, elles, ne pardonnent pas.
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