Griller un feu rouge à vélo coûte 135 € : pourquoi certains cyclistes peuvent légalement passer

135 € d’amende, pas un point de moins. Le feu rouge à vélo coûte cher, et la plupart des cyclistes le savent. Sauf que certains franchissent légalement ce même feu rouge. La différence ? Un panneau jaune que personne ne regarde vraiment.

Le M12 : ce triangle jaune que 90 % des cyclistes ignorent

Depuis le 12 janvier 2012, un arrêté interministériel a créé le panneau M12. Triangle inversé, vélo jaune, une ou plusieurs flèches. Il transforme l’obligation d’arrêt absolu en simple cédez-le-passage. L’article R415-15 du Code de la route encadre cette exception. L’article R412-30, lui, maintient la règle générale : feu rouge = arrêt pour tous les véhicules.

La condition est stricte. Le cycliste doit marquer l’arrêt ou ralentir fortement. Céder le passage aux piétons et aux autres usagers au feu vert. Traverser sans gêner. Pas de priorité acquise, juste une dérogation négociée.

Le panneau reste rare. Sa discrétion le rend méconnu. Certains usagers le confondent avec une simple incitation. Des dégradations ont été signalées, témoignant d’une méfiance ou d’une incompréhension. Pourtant, où il est installé, il fluidifie le trafic cycliste sans pénaliser la circulation générale.

135 €, 90 €, 375 € : les vrais montants du feu rouge grillé

L’amende forfaitaire de quatrième classe est fixée à 135 €. Réglée rapidement, elle tombe à 90 €. En cas de retard, elle grimpe à 375 €. Même montant qu’une voiture. Même gravité retenue. Sauf que le cycliste ne perd aucun point sur son permis. Le vélo n’est pas soumis au système de permis à points.

Cette absence de retrait de points crée une perception biaisée. L’infraction paraît moins sévère. Elle ne l’est pas. Les conséquences d’un accident restent identiques, qu’on soit à vélo ou au volant. La différence de protection corporelle, elle, joue en défaveur du cycliste.

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Les autres pièges du quotidien à vélo

Le feu rouge n’est pas le seul risque. Circuler sur le trottoir : 135 €. Sauf dérogation ponctuelle. Rouler sans éclairage la nuit : 35 €. Téléphone à l’oreille ou écouteurs aux deux oreilles : 135 €. Passer un stop : 135 €. Le non-port du casque pour un enfant de moins de 12 ans : 135 € à la charge de l’adulte responsable.

Ces sanctions proviennent du référentiel officiel de la Sécurité routière. Elles s’appliquent uniformément, sans distinction de pratique. Le cycliste professionnel n’est pas exempt. L’enquête ouverte après le franchissement d’un feu rouge par des coureurs lors du Tour des Flandres l’a rappelé avec force. Le Code de la route ne connaît pas la catégorie « athlète de haut niveau ».

Comment reconnaître un vrai M12 d’une simple signalisation cyclable ?

Le panneau M12 est triangulaire, pointe en bas, fond blanc, pictogramme vélo jaune. Les flèches indiquent la ou les directions autorisées. Il se trouve sous le feu, jamais isolé. Un simple panneau vélo bleu ou un pictogramme au sol ne constituent pas une dérogation. Quand le doute persiste, l’arrêt reste la seule option légale.

Que risque-t-on si on se trompe et qu’on passe sans M12 ?

L’amende de 135 € s’applique immédiatement. L’agent verbalisateur n’a pas à prouver l’intention. Le franchissement constaté suffit. En cas de contestation, le cycliste devra établir la présence effective du M12. La charge de la preuve lui incombe partiellement. Les photos sur place, les témoignages, la géolocalisation peuvent constituer des éléments. L’absence de M12 documentée par le procès-verbal rend la contestation difficile.

Le M12 mérite-t-il d’être généralisé ?

La question divise les acteurs de la mobilité. Les partisans invoquent la fluidité, la réduction des temps de parcours, l’incitation au vélo. Les opposants soulignent les confusions, les risques d’accident avec les piétons, le sentiment d’impunité créé. Le débat reste ouvert. L’expérience montre que la généralisation sans information massive aggrave les problèmes. Le panneau M12, bien connu et respecté, fonctionne. Ignoré, il devient dangereux.

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L’innovation signalétique ne suffit pas. L’éducation routière, la répétition des règles, l’exemplarité des uns et des autres construisent la sécurité partagée. Le cycliste qui connaît le M12 et l’utilise correctement participe à cette construction. Celui qui l’ignore ou le méconnaît s’expose, et expose les autres, à un risque évitable.

Prochain feu rouge, levez les yeux. Le triangle jaune peut être là. Ou pas. La différence vaut 135 €, et parfois bien plus.

Alex
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