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1,5 tonne de déchets textiles collectée fin 2025, un maillot annoncé à 139 euros, et une promesse lourde à tenir: refaire un vêtement technique avec de vieux textiles. La marque française VELOR, fondée en 2021, avance sur ce terrain avec sa ligne circulaire RELOV.
La question mérite mieux qu’un slogan vert. Quand vous achetez un maillot de cyclisme, vous payez aussi une matière qui doit rester stable, respirante et supportable à l’effort. Si cette boucle fonctionne, le sujet dépasse largement le simple coup de communication.
La marque dit travailler des vêtements de cyclisme pensés pour durer et chercher la circularité dès la conception. Sur le papier, l’idée est cohérente. Mais dans le vélo, la cohérence ne suffit jamais: un maillot doit rester un maillot, pas un manifeste portable.
Peut-on refaire un maillot technique avec des déchets textiles ?
La réponse avancée ici est oui, avec un objectif affiché de 100 % circulaire. Le projet RELOV est présenté comme un maillot conçu à partir de déchets textiles recyclés en nouvelles fibres techniques. C’est une promesse précise, pas un vague habillage marketing.
Le point solide, c’est la matière annoncée. La marque s’appuie sur la glycolyse, décrite comme une technologie de recyclage chimique capable de décomposer le polyester, puis de recréer une fibre équivalente au polyester vierge. L’enjeu est de retrouver une base technique connue sans repartir de matière neuve.
Le sujet devient vite concret, car un maillot de cyclisme mélange souvent polyester et élasthanne. Or ce type d’assemblage complique le recyclage. Si cette ligne parvient à refermer la boucle sur un vêtement aussi contraint par l’usage, le signal est fort.
RELOV parle de circularité dès la conception, et le projet devient alors sérieux
Beaucoup de discours écologiques arrivent en bout de chaîne, quand le produit existe déjà. Ici, la logique revendiquée commence plus tôt: intégrer les principes de circularité dès la conception. Cela change la manière de choisir les matières, les partenaires et la fin de vie du vêtement.
Le nom RELOV, présenté comme l’anagramme de la marque, peut sembler anecdotique. Il raconte pourtant un projet centré sur le retour de la matière dans le cycle de production. C’est une bonne idée, car le vélo a trop souvent vendu la durabilité en gardant une fabrication linéaire.
Autre élément cohérent, la marque met en avant une production européenne et traçable. Ce choix ne garantit pas tout, mais il donne un cadre lisible. En matière de circularité, l’opacité industrielle ruine immédiatement le discours.
1,5 tonne fin 2025: ce chiffre pose une ambition, pas encore un standard
Pour sa première production industrielle, la jeune entreprise indique avoir collecté 1,5 tonne de déchets textiles fin 2025. Le chiffre est intéressant, car il donne enfin une échelle. On n’est plus dans le prototype isolé montré sous cloche.
Il faut pourtant garder la tête froide. Une première production industrielle reste une première production industrielle. Elle montre qu’une filière commence à tenir, mais elle ne prouve pas encore qu’elle peut absorber massivement les volumes du textile sportif.
Cette nuance compte. Dans le cyclisme, on connaît la différence entre une belle idée et une solution qui tient dans le temps. Ici, la collecte, la préparation des matières, la transformation des fibres et la confection des vêtements sont déjà pensées comme une chaîne complète, et c’est précisément ce qui rend l’initiative crédible.
Pourquoi cette chaîne de production compte pour vous
Le projet ne repose pas sur une seule usine miracle. Les déchets textiles sont préparés par Nouvelles Fibres Textiles, puis la transformation est réalisée via le réseau industriel d’Antex en Espagne. Il s’agit d’un assemblage de compétences, pas d’un simple mot collé sur une étiquette.
Cette architecture a un mérite net: elle oblige à documenter chaque étape. Et dans un sujet aussi sensible que le recyclage textile, la traçabilité vaut plus qu’un grand discours. Un vêtement circulaire sans chaîne industrielle identifiée, je m’en méfie toujours.
Un maillot à 139 euros: le prix dira si la circularité sort du discours
Le prix public annoncé est de 139 euros. Vous pouvez le lire de deux façons. Soit comme un ticket d’entrée encore réservé à un public déjà convaincu, soit comme le coût assumé d’une production plus complexe que celle d’un maillot classique.
Le point le plus parlant n’est pourtant pas ce tarif. La marque avance que le modèle de précommande représenterait près de 50 % de ses ventes. Le conditionnel reste nécessaire ici, mais le signal est clair: une partie du public accepte d’attendre si le produit porte une promesse de fabrication plus lisible.
C’est une donnée intéressante pour tout le marché. La précommande peut aussi aider à produire plus juste, avec moins de stock dormant, ce qui colle assez bien à une ligne pensée autour de la circularité.
Le test terrain sera décisif, pas le storytelling
Le maillot aurait été testé par Anthony Roux, Steven Le Hyaric et Nathalie Baillon. Ces noms donnent du relief au projet. Mais sur ce type de lancement, ce sont les usages répétés, les lavages et le vieillissement qui tranchent.
Sur un vêtement cycliste, la promesse écologique ne pardonne rien. Si la coupe bouge, si la matière se dégrade ou si le confort chute, le discours tombe avec elle. L’inverse est tout aussi vrai: si la fibre issue de la glycolyse tient vraiment son rang, cette ligne ouvrira une piste plus intéressante que beaucoup d’annonces bruyantes.
La question est de savoir si de vieux maillots peuvent revenir sous forme de vêtement technique et si cette boucle peut tenir à l’usage, au prix annoncé et dans une production suivie. Si la réponse reste positive après les premiers retours, la circularité arrêtera enfin de ressembler à une promesse de salon.
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