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Ils étaient partis sous un soleil radieux et une douceur printanière de Vichy, pour une prometteuse 4ème étape du Paris-Nice 2025. Las, en un claquement de doigts, l’étape s’est muée en un improbable cauchemar hivernal pour des coureurs médusés et frigorifiés. Récit d’une journée complètement folle.
Depuis 4 jours que le peloton sillonne les routes ensoleillées de la « course au soleil », on se serait cru au beau milieu du mois de mai. Mais en ce mercredi 12 mars, alors que les batteurs de pavé avalaient goulûment les kilomètres vers la station auvergnate de la Loge des Gardes, mère nature a soudainement décidé de refroidir tout ce beau monde. Dans tous les sens du terme.
Le ciel leur est tombé sur la tête
Imaginez donc la scène. Il reste un gros quarante bornes à parcourir, dont la majeure partie en montagne, quand soudain un épais rideau sombre vient obscurcir le ciel azuréen. L’échappée, avec deux Tricolores, Thibault Guernalec et Thomas Gachignard, roule bon train avec 2’20 d’avance sur un peloton aux allures de vacanciers.
Mais quelques instants plus tard, changement d’ambiance radical. Un orage d’une violence rare déverse subitement des trombes d’eau mêlées de grêle sur les routes. « On n’y voyait plus rien à 5 mètres. C’était une vision apocalyptique. J’ai cru un moment qu’on nous bombardait », raconte Jasper Stuyven, encore sous le choc.
En quelques secondes, les routes se transforment en patinoires, rendant quasi-impossible la progression des coureurs, devenus aussi vulnérables et maladroits que Bambi sur la glace. Le spectacle vire à la pantomime. Une moto des gendarmes finit sa course dans le décor, une voiture AG2R s’offre un beau dégât des eaux. C’est l’hécatombe (sans bobos heureusement).
Trente minutes de grand n’importe quoi
Se rendant rapidement compte que la situation devient intenable, les organisateurs prennent la seule décision possible : stopper la course illico presto. Sauf que c’est plus facile à dire qu’à faire. Car aucun endroit ne permet d’accueillir tout le peloton d’un coup.
Commence alors une longue demi-heure de flottement et d’hésitations, où le peloton se disloque façon puzzle sous l’effet du froid intense. On cherche une voiture pour s’abriter ou se réchauffer, on tente d’enfiler en catastrophe tous les vêtements chauds qui tombent sous la main. Bref, c’est le grand bazar façon vente de Emmaüs en Sibérie.
« Sur le coup, j’ai eu peur qu’on nous annonce l’annulation pure et simple. C’était surréaliste, j’avais l’impression d’être dans un mauvais gag », avoue un Stefan Bisseger (AG2R Citroën) encore interloqué par ce qu’il vient de vivre. On le comprend.
Almeida persiste et signe, Vingegaard grogne
Au bout d’une éternité, le soleil refait enfin une timide apparition. La direction de course, en concertation avec les représentants des coureurs Matteo Trentin et Oliver Naesen, décident de donner une seconde chance à l’étape. Alléluia !
Il faut alors se rééquiper, se remobiliser, se réchauffer. Bref se remettre la tête à l’endroit pour finir le boulot. Ce que fait à merveille João Almeida, qui coiffe sur le fil un valeureux Mattias Skjelmose pour chiper l’étape et se draper de jaune.
Mais derrière, la polémique gronde, et elle a un accent danois. Maillot blanc de meilleur jeune sur les épaules, Jonas Vingegaard ne décolère pas : « C’était n’importe quoi, la course n’aurait jamais dû reprendre. On était congelés, les routes encore glissantes, je n’ai pris aucun plaisir ».
Matteo Trentin, qui a contribué à la reprise, lui répond du tac au tac : « Qu’il se calme. On a appliqué le protocole à la lettre. Il faudrait savoir, si on écoute les coureurs, on annule tout à la moindre goutte de pluie. Le vélo, c’est en extérieur, qu’il s’y fasse ! ». Ambiance…
Le cyclisme reste une aventure : le Paris-Nice l’a prouvé
Cette 4ème étape complètement folle restera dans les annales du Paris-Nice. Rarement une course aura connu un tel scénario improbable, forçant les organisateurs à sortir le plan neige en catastrophe au beau milieu d’une étape qui s’annonçait printanière.
« En plus de 20 ans de métier, je n’avais jamais connu une telle situation. On était tous tellement abasourdis qu’on ne savait plus trop quoi faire. Heureusement le bon sens a prévalu et tout est rentré dans l’ordre. Mais je ne suis pas près d’oublier cette étape », résumait avec le sourire Thierry Gouvenou, le grand patron de la course.
Le peloton non plus ne devrait pas oublier de sitôt son aventure auvergnate. Et tous espèrent désormais que le soleil et la douceur seront au rendez-vous jusqu’à Nice dimanche.
À quoi s’attendre pour la 5ᵉ étape ?
Après la tempête de grêle qui a secoué la 4ᵉ étape, les coureurs du Paris-Nice 2025 se préparent à en découdre lors de la 5ᵉ étape, qui relie aujourd’hui Saint-Just-en-Chevalet à La Côte-Saint-André sur une distance de 196,5 km. Le parcours vallonné propose sept côtes à franchir, promettant une étape intense et décisive.Les conditions météorologiques sont attendues comme fraîches mais stables, offrant aux grimpeurs l’opportunité de briller. Les favoris, tels que João Almeida, Jonas Vingegaard et Mattias Skjelmose, devront gérer ces ascensions pour conserver leurs positions au classement général.
Qui saura tirer parti de ce parcours exigeant pour se rapprocher de la victoire finale sur la Promenade des Anglais ?
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