Tadej Pogačar sur vélo de route en Espagne, agacé par un geste de doigt d'honneur d'un fan impatient lors d'une sortie d'entraînement hivernale de 132 km

Pogačar dénonce un fan qui lui fait un doigt d’honneur : le respect des pros en stage hivernal

Tadej Pogačar vient de faire un doigt d’honneur public à un fan qui… lui a fait un doigt d’honneur. L’ironie de la situation aurait pu prêter à sourire, sauf que ce geste, survenu lors d’une sortie d’entraînement de 132 km en Espagne, révèle une faille majeure : le respect des cyclistes pros en stage hivernal. Le triple vainqueur du Tour a posté sur Strava, écœuré : « Vous attendez deux minutes ou vous me montrez votre doigt d’honneur ? » Derrière l’anecdote, une vraie question : jusqu’où peut aller l’irrespect envers un athlète qui roule à 40,9 km/h pour peaufiner sa forme avant la saison 2026 ?

Les faits bruts : un fan impatient, un champion agacé

La scène se déroule dans la région de Valence, en Espagne. Pogačar termine sa conversation avec un cycliste. Un fan s’approche, demande une photo. Le Slovène lui demande deux minutes, le temps de finir son échange. Le fan n’attend pas. Il repart, doigt d’honneur en l’air, tandis que son partenaire engueule Pogačar. Le coureur UAE Team Emirates, qui préparait tranquillement Strade Bianche en mars, a raconté l’incident sur Strava avec une pointe d’ironie : « Longue journée terminée en perdant mon plus grand fan. Au fait, je vous aime tous. » Sortie de 3h14 à 40,9 km/h de moyenne — un rythme de pro, pas une balade du dimanche.

Le contexte hivernal change tout. Les stages espagnols de février sont des laboratoires. L’équipe UAE renforcée peaufine sa préparation pour le Tour 2026 : prototype Colnago TT, montées de 50 km totales, TTT inaugural à Barcelone. Sauf que les fans, eux, ne voient qu’une star en short.

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Pour ou contre : un débat qui divise le peloton

Pour ceux qui soutiennent Pogačar, c’est simple : tolérance zéro. Oliver Naesen, coureur Décathlon AG2R, résume : « Pogačar, pour sa pause-café à l’entraînement, il lui faut quasiment une table dans un coin sombre. » Les pros subissent des sollicitations incessantes. Jonas Vingegaard a récemment vécu des situations similaires. Un fan agressif n’est pas un fan, c’est un harceleur. Point. La domination de Pogačar (76h00’32 » au Tour 2025, 4’24 » d’avance sur Vingegaard) le rend vulnérable à ce genre de dérives.

L’autre camp nuance. Être une star, c’est accepter les contraintes. Les fans sont passionnés, parfois maladroits. Pogačar gagne des millions, roule sur les plus beaux vélos du monde — deux minutes d’attente, c’est trop demander ? Certains rappellent que le cyclisme vit de ses supporters. Sans eux, pas de spectacle.

Sauf que. Les incidents se multiplient. La préparation hivernale rivale de Vingegaard à Tignes montre la même chose : les pros cherchent la tranquillité, pas la célébrité 24/7.

Mon avis : Pogačar a raison de dénoncer

Pogačar a raison. Attendre deux minutes n’est pas une demande extravagante, c’est du respect basique. Imaginez votre collègue qui vous interrompt en réunion pour un selfie, puis vous insulte parce que vous dites « attends ». Vous le trouveriez comment ? Le cyclisme pro hivernal, c’est du travail. 132 km à 40,9 km/h, c’est une séance d’entraînement structurée, pas du tourisme. Le doigt d’honneur n’est pas une blague. C’est une agression verbale.

Les cyclistes amateurs connaissent ça. Sur les routes françaises, 87 cyclistes tués en 2024, la sécurité des cyclistes est déjà précaire. Ajouter de l’hostilité gratuite, même verbale, c’est inacceptable. Pogačar a dénoncé publiquement. Bien. Ça pose une limite. Les fans doivent comprendre : un pro en entraînement n’est pas une attraction foraine.

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Sera-t-il le seul à réagir ?

Pogačar ne portera probablement pas plainte. Mais son geste fait jurisprudence. D’autres pros pourraient suivre. L’UCI n’a pas de règles strictes sur les supporters, focalisée sur le drafting (20 secondes de pénalité) ou les incidents en course. Pourtant, les stages hivernaux mériteraient une réflexion. Les fans sont essentiels. Le respect aussi. Deux minutes d’attente, ce n’est rien. Un doigt d’honneur, c’est trop.

Alex
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