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1990 a changé la silhouette des selles de course. Avec ses rails apparents, la Flite a imposé une ligne plus nue, plus tendue. Elle apparaît encore dans une foule de modèles actuels.
Cette selle dépasse la nostalgie. Elle a servi de point de bascule entre l’héritage cuir de Selle Italia et une lecture bien plus moderne de la performance. Ici, la forme compte autant que la matière.
En 1990, enlever des flancs a suffi à redessiner l’assise
Lancée en 1990, la Flite est présentée comme la toute première selle avec des rails apparents. Ce détail visuel n’en était pas un. Il supprimait les flancs qui enveloppaient les rails, avec une idée simple : réduire le poids.
Cette ligne a marqué les esprits. Une selle performante moderne, telle qu’on la dessine encore, tient souvent dans cette recherche de dépouillement. Elle combine moins de matière visible et une structure qui assume sa fonction.
L’écart annoncé entre une version des années 1990 à rails titane et la Boost Pro Team Kit Carbonio Superflow testée atteint 75 grammes. Ce chiffre ne raconte pas toute l’histoire, mais il dit que le modèle d’origine n’était pas une simple curiosité de design. Il posait déjà un cap.
Avant elle, 1980 avait déjà mis la marque dans le peloton
Pour lire cette bascule, il faut remonter plus loin. Née en 1897 à Corsico, près de Milan, l’entreprise fabriquait d’abord des selles en cuir. Puis la famille Bigolin la rachète en 1979.
Un an plus tard, la Turbo s’impose dans les pelotons. En 1980, la marque s’installe dans l’univers de la compétition. Puis en 1990, la Flite confirme cette orientation avec une proposition bien plus radicale.
Elle prend d’ailleurs la suite de la Turbo chez les professionnels. Ce passage de témoin est parlant. Il montre qu’on parle d’un composant qui a réellement remplacé un repère déjà installé.
Dans les années 2000, la performance passe aussi par la ligne
Le tournant suivant arrive dans les années 2000. La marque investit alors dans les études biomécaniques, les découpes anatomiques et les technologies de réduction de pression.
Ici, le débat se déplace. On ne cherche plus seulement à alléger ou à affiner la silhouette ; on travaille aussi la manière dont le corps supporte l’effort. Cela compte surtout sur la durée.
Cette période est associée à la naissance de la gamme SLR et de la technologie Super Flow. Une selle moderne ne peut plus se contenter d’être mince et nerveuse sur le papier. Elle doit aussi mieux gérer l’appui.
C’est ce qui rend ce mythe encore lisible aujourd’hui. Son dessin de départ reste fort, mais il a dû accepter une évolution plus technique, plus biomécanique. Sa façon de traiter la pression est devenue presque plus adulte.
Entre 2020 et 2026, l’hommage et la mise à jour suivent la même ligne
En 2020, la marque lance une Flite Boost dédiée à la victoire de Mathieu van der Poel sur le Tour des Flandres. Le modèle est produit à 104 exemplaires.
Ce chiffre compte parce qu’il donne le ton. Il s’agit d’un geste commémoratif très cadré. Il relie une icône du matériel à une victoire forte et à une figure actuelle de son héritage.
Cette lecture du passé continue en 2026 avec une version annoncée dotée d’un canal Superflow, de rails carbone ovales et d’une forme Boost plus compacte. On garde la signature de l’assise. Mais on l’adapte aux attentes d’aujourd’hui.
La réédition Heritage sert-elle la nostalgie ?
Pas vraiment. La relance de la Turbo 1980 et de la Flite 1990 dans une logique Heritage montre surtout qu’un dessin ancien peut encore parler au présent. À condition de savoir pourquoi il a compté.
Pour la Flite 1990 rééditée, on retrouve l’ancien logo de la marque, une housse en cuir vrai, un rail en titane et un prix de 119,90 euros. La réédition assume le regard arrière. Elle n’efface pas les codes qui ont fait sa réputation.
Pourquoi l’héritage reste visible sous les coureurs actuels
Le nom de Mathieu van der Poel revient souvent quand il s’agit de montrer cette filiation. Ce n’est pas anodin. Quand un coureur de cette génération reste associé à cette lignée, cela dit que le modèle n’a pas été enfermé dans un musée du cycle.
Une constante rare apparaît : la même famille d’idées traverse les époques, de la ligne allégée de 1990 au canal Superflow de 2026. Elle ne perd pas son identité. Peu de composants tiennent aussi bien ce fil.
Une selle née dans le sillage du peloton, passée du cuir aux études biomécaniques, puis revenue en réédition sans renier sa forme de départ. Voilà pourquoi ce modèle compte encore : il a accompagné l’histoire du vélo moderne. Il lui a donné une partie de son dessin.
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