Ce col emblématique culminant à 2067m vous offre des panoramas à 360° sur les plus beaux massifs alpins

Imaginez-vous en train de gravir une route sinueuse, le souffle court, les jambes lourdes, mais le cœur léger. Devant vous se dresse une croix en fer forgé, témoin silencieux de plus d’un siècle d’histoire cycliste. Bienvenue au Col de la Croix de Fer, l’un des géants des Alpes françaises qui a forgé la légende de nombreux champions et continue d’attirer les cyclotouristes en quête de défi.

Cette boucle mythique de 95 kilomètres traversant la Savoie et l’Isère s’adresse aux cyclistes expérimentés cherchant à se mesurer aux ascensions qui ont écrit les plus belles pages du Tour de France. Un parcours exigeant où chaque coup de pédale vous rapproche un peu plus du ciel.

Carte d’identité d’un géant alpin

📍 Région : Auvergne-Rhône-Alpes (Savoie et Isère)
🚴 Distance totale : 95 km
⛰️ Dénivelé positif : 3200 m
🏅 Niveau de difficulté : Difficile
🛣️ Type de terrain : 100% route goudronnée
⏱️ Durée estimée : 5h-8h selon le niveau

Ce circuit en boucle, au départ de Saint-Jean-de-Maurienne, vous emmène à l’assaut de deux cols majeurs : le Col du Glandon (1924 m) et le Col de la Croix de Fer (2067 m), avant de redescendre vers la vallée en passant par Allemond. Un itinéraire qui a vu passer les plus grands noms du cyclisme mondial et qui reste, aujourd’hui encore, un test ultime pour tout amateur de vélo qui se respecte.

L’ascension mythique depuis Saint-Jean-de-Maurienne

Le périple débute dans la vallée de la Maurienne, surnommée « la plus grande station de cyclisme du monde ». Saint-Jean-de-Maurienne, petite ville savoyarde à 550 mètres d’altitude, offre tous les services nécessaires avant de s’élancer vers les sommets. La montée commence en douceur sur la D927, longeant l’Arc sur des pentes modérées qui permettent de s’échauffer progressivement.

Après Saint-Étienne-de-Cuines, au kilomètre 5, l’ascension véritable commence en bifurquant sur la D927B. C’est ici que le paysage s’ouvre, dévoilant les sommets majestueux des Aiguilles d’Arves qui vous accompagneront tout au long de la montée. La pente s’accentue progressivement (7-9%), exigeant un braquet adapté – un compact 34×50 avec une cassette 11-32 est fortement recommandé pour affronter ces pourcentages.

À partir du kilomètre 15, les lacets se succèdent, offrant des panoramas toujours plus impressionnants sur la vallée que vous laissez derrière vous. Le revêtement, entièrement refait en 2023, offre un confort appréciable, mais restez vigilant aux gravillons qui peuvent se nicher dans certains virages. La végétation s’éclaircit progressivement, laissant place aux alpages où paissent paisiblement les troupeaux en été.

Les trois derniers kilomètres avant le Col du Glandon sont les plus éprouvants, avec des pentes atteignant 10-11%. C’est ici que Bernard Hinault, en 1986, a forgé sa dernière victoire dans le Tour de France. Une plaque commémorative vous le rappellera une fois arrivé au sommet.

Du Glandon à la Croix de Fer : la liaison céleste

Le Col du Glandon (1924 m) marque une pause bienvenue dans l’effort. Une fontaine d’eau fraîche et pure vous permet d’y remplir vos bidons – ne manquez pas cette opportunité car les points d’eau se font rares en altitude. Ce col, moins connu que son illustre voisin, n’en reste pas moins un défi majeur pour les cyclistes, avec ses pentes irrégulières et son cadre sauvage.

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La route bifurque ensuite à gauche pour emprunter la D926. Ces trois kilomètres offrent un répit relatif avec une pente moyenne de 5%. Le paysage devient résolument minéral, ponctué de blocs erratiques témoins de l’ère glaciaire. Par temps clair, le Mont Blanc se dévoile au nord, ajoutant encore à la magie du lieu.

Cette portion du parcours est indissociable de son héritage cycliste, comme en témoigne l’histoire légendaire du Col de la Croix de Fer dans le Tour de France, notamment lors du passage mémorable de Bernard Hinault.

Le sommet de la Croix de Fer : entre ciel et terre

Culminant à 2067 mètres d’altitude, le Col de la Croix de Fer tire son nom d’une croix en fer forgé érigée en 1895. Ce monument, défiant les éléments depuis plus d’un siècle, symbolise parfaitement l’esprit du lieu : austère, majestueux et intemporel.

Le sommet offre un panorama à 360° sur les massifs environnants : les Grandes Rousses, la Meije, les Aiguilles d’Arves et, par temps clair, le Mont Blanc. Une table d’orientation vous aide à identifier ces sommets mythiques. C’est également l’occasion de faire une pause bien méritée à La Table de l’Alpette, restaurant d’altitude ouvert en saison estivale, où vous pourrez déguster une soupe de crozets ou des diots au vin blanc, spécialités savoyardes réconfortantes après l’effort.

La descente vertigineuse vers Allemond

La descente vers Allemond emprunte la D526 et constitue l’un des moments les plus techniques du parcours. Les cinq premiers kilomètres exigent une vigilance accrue : la route, étroite et sinueuse, peut être glissante par temps humide. Des travaux de sécurisation ont été réalisés en 2024, avec l’ajout de glissières dans les virages les plus exposés, mais la prudence reste de mise.

À partir du kilomètre 10, la pente s’adoucit (5-6%) et la route s’élargit. Vous traversez la station des Grandes Rousses, où un arrêt au café des cyclistes « La Petite Reine » est recommandé pour reprendre des forces. Cette ascension est souvent comparée à autres ascensions mythiques des Alpes comme le Col du Granon pour son niveau de difficulté et ses paysages exceptionnels.

La descente se poursuit dans la Vallée de l’Eau d’Olle, offrant des vues spectaculaires sur les barrages hydroélectriques qui jalonnent la vallée. Les cinq derniers kilomètres longent le lac du Verney, dont les eaux turquoise contrastent magnifiquement avec le vert des forêts environnantes. La route, refaite en 2025, offre un revêtement impeccable jusqu’à Allemond (730 m).

Le retour par le versant ouest : l’ultime défi

Pour les plus courageux qui optent pour la boucle complète, l’ascension depuis Allemond est réputée plus difficile que le versant mauriennais. La D526 s’élève immédiatement à 8-9%, sans phase d’échauffement. Le revêtement, excellent, compense à peine la rudesse de la pente.

Au kilomètre 8, vous atteignez le barrage de Grand’Maison, site historique du cyclisme où Bernard Hinault lança son attaque décisive en 1986. La route longe le lac artificiel sur deux kilomètres, offrant un court répit (4-5%) avant de reprendre de plus belle.

Les dix derniers kilomètres sont un véritable défi, avec des passages à 11-12%. La végétation disparaît progressivement, laissant place à un paysage lunaire d’une beauté saisissante. Des bornes kilométriques, installées en 2024, indiquent la distance restante et le pourcentage moyen du prochain kilomètre – une information précieuse pour gérer son effort.

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Une fois le sommet atteint pour la seconde fois, la descente finale vers Saint-Jean-de-Maurienne emprunte à nouveau la D926 puis la D927. Le revêtement, refait intégralement en 2023, offre une adhérence optimale, mais les cinq premiers kilomètres, très pentus (10-11%), exigent une technique de freinage maîtrisée.

Conseils pratiques pour conquérir le géant

La période idéale pour s’attaquer à ce parcours s’étend de juin à septembre. Les cols peuvent rester fermés jusqu’à fin mai en cas d’enneigement tardif, et les conditions météorologiques deviennent incertaines dès octobre.

Côté équipement, privilégiez un vélo de route avec freins à disque et des pneus de 28 mm pour plus de confort et de sécurité dans les descentes. Une transmission adaptée à la montagne (compact 34×50 ou 36×52 avec cassette 11-32 minimum) est indispensable pour affronter les pourcentages les plus raides.

N’oubliez pas que la météo peut changer rapidement en montagne. Emportez toujours une veste imperméable/coupe-vent, même en été, ainsi que des gants longs pour les descentes. La différence de température entre la vallée et les sommets peut atteindre 10-15°C.

Pour les cyclistes souhaitant prolonger l’aventure dans cette magnifique région, l’itinéraire complémentaire du tour du lac du Bourget offre une expérience différente mais tout aussi enrichissante à seulement quelques dizaines de kilomètres.

Côté hébergement, l’Hôtel de l’Europe à Saint-Jean-de-Maurienne (04 79 64 06 33) et l’Hôtel Beausoleil au Bourg-d’Oisans (04 76 80 01 23) proposent des services adaptés aux cyclistes, avec local à vélos sécurisé et petit-déjeuner sportif.

Pour les réparations, Cycles Berard à Saint-Jean-de-Maurienne (04 79 64 06 96) offre un service complet du lundi au samedi.

Avant de vous lancer dans cette aventure, consultez nos recommandations sur les distances quotidiennes idéales en bikepacking pour optimiser votre expérience sur ce parcours exigeant.

Le Col de la Croix de Fer n’est pas qu’une simple ascension – c’est un voyage dans l’histoire du cyclisme, une immersion dans des paysages grandioses et, surtout, un défi personnel que vous n’oublierez jamais. Chaque virage, chaque goutte de sueur vous rapproche un peu plus de cette croix mythique qui, depuis plus d’un siècle, veille sur les cyclistes assez courageux pour venir la défier.

Thibault
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