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Niché au cœur des Cévennes, le Col de l’Asclier se dresse comme un témoin silencieux de l’histoire pastorale française. À 905 mètres d’altitude, cette ascension de catégorie 2 offre bien plus qu’un simple défi cycliste – c’est une immersion dans un patrimoine culturel unique. Dominé par son emblématique pont moutonnier, vestige de la transhumance cévenole, ce col méconnu combine harmonieusement effort modéré et découverte culturelle. Préparez-vous à explorer l’un des secrets les mieux gardés du cyclisme cévenol.
Un col aux multiples visages: carte d’identité de l’Asclier
Situé dans le département du Gard (44°04′39″ N, 3°44′40″ E), le Col de l’Asclier culmine à 905 mètres d’altitude. Cette ascension de catégorie 2 se distingue par sa position stratégique au cœur du Parc National des Cévennes.
Quatre versants pour quatre expériences distinctes
L’Asclier offre une rare diversité d’approches, chacune avec sa personnalité propre:
- Versant nord (Les Plantiers): Le plus exigeant avec 8,4 km à 6% de moyenne et des passages à 8%
- Versant ouest (L’Estréchure): 12,4 km à 4,9%, plus progressif mais plus long
- Versant sud (Saint-Martial): 12,5 km à 4,8%, idéal pour l’échauffement
- Versant est (Col de la Triballe): Le plus accessible avec 6,8 km à 4,5%
Un col accessible mais jamais ennuyeux
Contrairement aux géants alpins ou pyrénéens, l’Asclier propose un défi modéré, parfait pour les cyclistes intermédiaires ou les grimpeurs confirmés en récupération active. Sa difficulté moyenne en fait une excellente introduction au cyclisme de moyenne montagne, tout comme le Col des Ares, également idéal pour s’initier aux ascensions de moyenne montagne.
Le gardien de la transhumance: l’âme historique du col
Le pont moutonnier: joyau architectural unique en Europe
L’élément le plus remarquable du col est sans conteste son pont moutonnier construit en 1875. Cette structure unique en Europe témoigne de l’importance historique de la transhumance dans les Cévennes. Contrairement à d’autres cols dont l’histoire est liée aux conflits ou au commerce, l’Asclier raconte l’histoire pastorale de la région.
En 2011, une statue de berger sculptée par Michel Soubeyran est venue compléter ce patrimoine, renforçant l’identité culturelle du lieu.

Refuge protestant et carrefour des drailles
Au XVIIe siècle, la zone servait de refuge aux protestants persécutés, ajoutant une dimension historique supplémentaire à ce lieu chargé d’histoire. Le col se trouve également au carrefour de plusieurs drailles (chemins de transhumance) historiques, dont certaines sont aujourd’hui intégrées aux sentiers de grande randonnée GR6, GR7 et GR67.
Tout comme le Col de l’Asclier témoigne de l’histoire pastorale des Cévennes, le Col d’Ispéguy dans les Pyrénées occidentales raconte l’histoire frontalière entre la France et l’Espagne.
Les quatre faces de l’Asclier: analyse des versants
Versant nord: le défi des Plantiers
Le versant nord depuis Les Plantiers représente l’approche la plus exigeante avec ses 8,4 km à 6% de moyenne. L’ascension se divise en trois segments distincts:
- Les 3 premiers kilomètres offrent une pente régulière autour de 5%
- La section médiane (km 3 à 7) alterne entre 5,5% et 6,5%
- Le dernier kilomètre s’accentue jusqu’à 8%, exigeant une réserve d’énergie
La route, parfois étroite, serpente à travers une forêt de châtaigniers offrant un ombrage appréciable en été.
Versant ouest: la montée progressive depuis L’Estréchure
Plus long mais moins pentu, le versant ouest s’étire sur 12,4 km avec une pente moyenne de 4,9%. Son profil progressif en fait une option idéale pour les cyclistes privilégiant la régularité. Attention toutefois aux passages à 7,5% qui peuvent surprendre après plusieurs kilomètres de pente douce.
Le revêtement présente quelques sections médiocres qui exigent de la vigilance, particulièrement à la descente.
Versant sud: l’approche panoramique
Depuis Saint-Martial, le versant sud offre 12,5 km à 4,8% de moyenne. Son principal atout réside dans les panoramas exceptionnels sur les vallées cévenoles. La pente reste relativement constante, idéale pour trouver son rythme et maintenir un effort régulier.
L’équipement optimal pour conquérir l’Asclier
Quel braquet choisir face aux pentes cévenoles?
Pour aborder confortablement le Col de l’Asclier, il est important de choisir le bon équipement pour les ascensions de moyenne montagne, notamment un vélo avec des rapports adaptés:
- Cyclistes intermédiaires: Un compact (34-50) avec une cassette 11-32 offre une plage idéale
- Grimpeurs confirmés: Un semi-compact (36-52) avec cassette 11-28 reste confortable
- Débutants: Privilégiez un triple plateau ou une cassette très étalée (11-34)
Les routes étant intégralement asphaltées, un vélo de route classique convient parfaitement, bien qu’un gravel puisse offrir plus de polyvalence pour explorer les chemins environnants.
Pneumatiques et pression: le compromis idéal
Le revêtement variable suggère l’utilisation de pneumatiques de 25-28 mm, offrant un bon compromis entre rendement et confort. Une pression légèrement inférieure à vos standards habituels (environ -5 PSI) améliorera l’adhérence dans les virages, particulièrement sur le versant nord où le revêtement peut être irrégulier.
La boucle de l’Asclier: un circuit de découverte idéal
Un parcours complet pour savourer l’essence des Cévennes
Pour une expérience complète, nous recommandons cette boucle de 85 km au départ de Notre-Dame-de-la-Rouvière:
- Notre-Dame-de-la-Rouvière → Col de l’Asclier: 17 km de mise en jambes avec des vues splendides sur les Cévennes
- Col de l’Asclier → Les Plantiers: 10 km de descente technique avec arrêt obligatoire au pont moutonnier
- Les Plantiers → Valleraugue: 30 km traversant des villages pittoresques et terrasses agricoles
- Retour via le Col de la Triballe: 28 km pour boucler l’itinéraire
Pour ceux qui souhaitent explorer davantage la région, ce parcours cycliste en Occitanie traversant des villages médiévaux complète parfaitement une visite au Col de l’Asclier.
Variantes pour tous les niveaux
Si cette boucle vous semble trop ambitieuse, optez pour le circuit court de 50 km excluant Valleraugue. Les plus aguerris pourront ajouter le Col du Pas après Les Plantiers, ajoutant 20 km et 500 mètres de dénivelé supplémentaires.
Trésors cachés autour de l’Asclier
Patrimoine et culture: au-delà du vélo
L’ascension du Col de l’Asclier s’enrichit par la découverte de plusieurs joyaux patrimoniaux:
- Le hameau de l’Abric: À 3 km du col, ce village traditionnel offre un bel exemple d’architecture cévenole avec ses toits de lauzes
- Saint-Roman-de-Tousque: À 10 km, ce village médiéval abrite une église romane et propose des panoramas exceptionnels
- Gorges de la Cadière: Formations rocheuses impressionnantes accessibles depuis le col
Les amateurs d’itinéraires combinant cyclisme et patrimoine historique apprécieront également ce parcours alsacien qui, comme le Col de l’Asclier, permet de découvrir l’histoire locale à travers le vélo.
Pauses gourmandes: où reprendre des forces?
Plusieurs établissements permettent de découvrir la gastronomie cévenole:
- Auberge de la Corniche (Saint-Roman-de-Tousque): Cuisine traditionnelle et produits locaux
- Relais des Cévennes (Valleraugue): Réputé pour ses pâtes fraîches au fromage de chèvre
- Boulangerie de Valleraugue: Idéale pour une pause matinale avec ses pains au levain
Informations pratiques essentielles
Quand partir à l’assaut de l’Asclier?
Le col offre ses meilleures conditions de mai à juin et de septembre à novembre. Évitez:
- Juillet-août: Chaleur intense pouvant rendre l’ascension éprouvante
- Automne tardif: Risques d’épisodes cévenols (pluies torrentielles)
- Hiver: Conditions variables avec possibilité de neige en altitude
Préparation et sécurité: les essentiels
Pour une ascension sereine:
- Prévoyez au minimum 2 bidons (points d’eau limités)
- Emportez un coupe-vent même par beau temps (variations thermiques)
- Vérifiez vos freins avant la descente (particulièrement importante pour le versant nord)
- Téléchargez la trace GPS (couverture réseau limitée par endroits)
Si vous appréciez les ascensions accessibles comme le Col de l’Asclier, vous pourriez également explorer d’autres parcours cyclables adaptés à différents niveaux d’expérience dans d’autres régions françaises.
L’Asclier: une pépite cévenole à découvrir absolument
Le Col de l’Asclier incarne parfaitement l’esprit du cyclisme cévenol: une difficulté modérée mais jamais ennuyeuse, un patrimoine culturel unique et des paysages à couper le souffle. Contrairement aux cols surpeuplés des Alpes, il offre une expérience authentique où l’effort physique se mêle à la découverte culturelle.
Les amateurs de cols préservés du tourisme de masse apprécieront également d’autres cols méconnus comme le Bocca di Battaglia en Corse, qui offre une expérience similaire d’immersion dans une nature préservée.
Que vous soyez cycliste intermédiaire cherchant à progresser en montagne ou grimpeur confirmé en quête d’authenticité, l’Asclier mérite amplement sa place dans votre carnet de route des cols à découvrir.




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