tadej pogacar

Et si Pogačar perdait le Tour… à cause de ce minuscule défaut qui agace tout le monde ?

Le prodige adoré Tadej Pogačar, c’est ce coureur qui te saute aux yeux, pas seulement par son talent dingue, mais aussi par ce détachement et cet amusement qui le caractérise.

Un vrai génie du vélo.

On connaît tous Eddy Merckx, le « Cannibale » des années 70, ce monstre sacré qu’on croyait inégalable, surtout avec toutes les avancées en préparation et en matériel depuis.

Eh bien, surprise : Pogačar lui ressemble beaucoup (sur les résultats), et pire encore, il est en train de bousculer l’idée même qu’on se faisait de l’impossible.

Sauf que voilà, ce champion incontesté commence doucement à basculer de l’amusement à… l’arrogance.

Pas de panique, ce n’est pas encore la grosse polémique, mais on sent bien que la ligne est fine.

Alors, comment ce gamin prodige a-t-il construit cette confiance en béton qui, peu à peu, le fait flirter avec le fameux « danger populaire » ?

Un palmarès qui fait tourner la tête

À seulement 26 ans, Tadej Pogačar a déjà accumulé un palmarès digne des plus grands noms du cyclisme.

Trois Tours de France, un Giro d’Italia, un titre de champion du monde, et pas moins de 26 victoires d’étapes sur les grands tours — dont 17 rien que sur le Tour de France.

Oui, tu as bien lu : 17 étapes sur la course la plus prestigieuse du monde.

Mais ce qui rend Pogačar vraiment unique, c’est sa capacité à briller partout, sur tous les terrains et dans toutes les courses majeures.

Voici un rapide tour d’horizon de ses autres victoires impressionnantes :

  • Liège-Bastogne-Liège : 2021, 2024, 2025
  • Tour de Lombardie : 2021, 2022, 2023, 2024
  • Tour des Flandres : 2023, 2025
  • Amstel Gold Race : 2023
  • Flèche Wallonne : 2023, 2025
  • Strade Bianche : 2022, 2024, 2025
  • Grand Prix Cycliste de Montréal : 2022, 2024

Il gagne tout, partout où il passe. Fascinant, n’est-ce pas ?

Mais à force, cette domination omniprésente peut aussi devenir un peu… lassante pour certains.

Car Pogačar, ce n’est pas juste une machine à gagner, c’est un roi des épopées.

Comme cette attaque en solitaire à 81 km de l’arrivée aux Strade Bianche, qui a littéralement tué le suspense deux heures avant la ligne d’arrivée, laissant ses adversaires derrière et le public bouche bée.

Ou encore ses records d’ascension sur des géants comme le Tourmalet ou le Galibier, où il pulvérise les performances d’une époque entachée par le dopage. Pogačar impose un nouveau standard de performance, alliant puissance, endurance et une audace qui force le respect et/ou l’exaspération, selon de quel côté on se place.

La soif des défis

Pogačar, ce n’est pas juste un coureur qui empile les victoires : c’est un homme de défi.

Et pas n’importe lesquels. Souvent opposé à son grand rival du Tour de France, Jonas Vingegaard, on observe deux styles complètement différents, même si les deux sont des monstres de la pédale.

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Vingegaard, à l’image de coureurs comme Chris Froome ou Bradley Wiggins avant lui, se concentre souvent sur un objectif unique, clair et précis : gagner la Grande Boucle. Pas de dispersion, pas de fantaisie, juste un plan millimétré autour du Tour.

Pogačar, lui, ça l’ennuierait profondément.

Son truc, c’est de partir en quête de défis complètement dingues.

Par exemple, tenter de gagner Paris-Roubaix, une course qui ne semble absolument pas taillée pour lui, tant le parcours est boueux, cassant, et bien éloigné de ses terrains de prédilection.

Pourtant, il n’a pas hésité à relever ce challenge, prouvant qu’il aime sortir des sentiers battus.

Et que dire de ses succès sur le Tour des Flandres, une classique ultra exigeante avec ses monts et ses pavés, bien loin du profil des cols alpins ou pyrénéens qu’il maîtrise habituellement ?

Ces défis, c’est aussi un pari risqué : ces courses sont longues, difficiles, et demandent un gros temps de récupération. S’épuiser sur plusieurs fronts, c’est prendre le risque de manquer de fraîcheur quand arrive le moment crucial, le Tour de France.

Et pourtant, à quelques jours du départ, Pogačar semble arriver en forme, avec une confiance presque démesurée — à tel point qu’on a pu la voir s’exprimer ouvertement lors du Critérium du Dauphiné, où il a affiché une certaine surconfiance, mêlée d’une pointe d’arrogance.

Une attitude qui, forcément, ne laisse pas tout le monde indifférent…

Une arrogance naissante

Et voilà qu’on arrive à un tournant crucial pour Pogačar. Jusqu’ici adulé pour son talent et son humilité apparente, il commence à agacer.

Pas vraiment à cause de sa domination — ça, on peut s’y habituer — mais surtout à cause de la marge abyssale qu’il affiche et, surtout, quelques déclarations qui font passer le « gars sympa avec qui on irait bien prendre un verre » à un personnage un peu trop sûr de lui… voire arrogant.

Prenons quelques exemples récents, lors du dernier Dauphiné qu’il a survolé :

« J’ai décidé de partir au pied, dans la partie la plus raide, je devais me dépêcher pour voir l’arrivée d’Urzka (sa compagne, aussi cycliste pro) sur le Tour de Suisse. Je suis arrivé juste à temps, tout va bien ! »

Une première phrase assez décontractée, mais prononcée après une étape largement dominée. Un peu comme s’il minimisait l’effort titanesque accompli.

« Je ne voulais pas taper trop dans les réserves, il faisait super chaud, alors j’ai géré les derniers kilomètres. »

Une déclaration qui sonne presque comme une excuse… alors qu’il franchit la ligne en solitaire, laissant ses adversaires complètement cramés, dont son grand rival Vingegaard.

Et puis cette scène où, à la recherche d’un bidon, un geste normalement réservé aux équipiers,il remonte tranquillement le peloton, sans demander à son coéquipier de ralentir, ou on sent qu’il aime jouer avec les caméras.

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Cette évolution ne passe pas inaperçue chez les experts : Marc Madiot, légende du cyclisme, reconnaît que « gérer sa récupération quand l’étape et le général sont assurés, ce n’est pas choquant.

Mais ce qui dérange, c’est qu’il le dise ouvertement ».

Philippe Gilbert (ex champion du monde) prévient :

« Les médias commencent à moins l’apprécier, et ça peut vite devenir une spirale négative. Il commet peut-être la première erreur de sa carrière en manquant d’humilité envers ses adversaires. C’est une erreur de jeunesse, mais il peut encore redresser la barre, car je suis sûr que son naturel reviendra. »
 *

Nicolas Fritsch va plus loin :

« Ce n’est pas naturel chez Pogačar, ça vient d’une déconnexion totale par rapport à ce que vivent ses adversaires. Il est tellement fort qu’il ne se rend pas compte que ses propos et ses actes peuvent choquer.

Si j’étais à la place des patrons d’UAE, je lui dirais de faire preuve d’humilité, de se reconnecter à la réalité des autres, qui travaillent et s’entraînent aussi dur que lui. »

Le principal adversaire de Pogačar sur ce Tour, ce n’est peut-être pas Vingegaard, mais bien lui-même — dans ses attitudes et cette évolution qui divise de plus en plus.

Cette arrogance naissante pourrait bien faire vaciller la popularité d’un coureur qui semblait jusque-là intouchable. Et attention, même avec un talent immense, le cyclisme reste avant tout un sport d’équipe.

Si Pogačar finit par se mettre tout le monde à dos, il risque fort de se retrouver en difficulté.

Côté public aussi, il faut garder en tête que les fans ne sont pas toujours tendres : souvenons-nous de Chris Froome, hué dans les ascensions, alors qu’il était au sommet de sa carrière. Alors, Tadej, fais gaffe à ne pas te perdre dans cette arrogance.

Une réputation, ça se construit, mais ça peut aussi partir en fumée très vite.

Et n’oublie pas que tu as en face de toi des adversaires comme Jonas Vingegaard, qui ont les crocs et ne te feront aucun cadeau.

Alors, Tadej, tu veux rester le mec sympa qu’on aime ou devenir ce monstre arrogant qui écrase tout sur son passage ?

Thibault
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