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La première fois que j’ai vu João Almeida grimper le Col de la Loze en 2024, quelque chose m’a frappé. Là où d’autres coureurs attaquaient par à-coups avant de s’effondrer, le Portugais maintenait un rythme hypnotique. 6,88 W/kg pendant 26 minutes et 48 secondes sans faillir. Cette approche révolutionnaire de la gestion d’intensité en montagne a transformé ma propre façon d’aborder les cols.
La révolution silencieuse de l’intensité contrôlée
Almeida a démontré en 2025 que la puissance constante surpasse les accélérations erratiques. Contrairement aux grimpeurs explosifs qui flambent leurs réserves en début d’ascension, sa méthode repose sur une distribution parfaite de l’effort. Ses trois victoires WorldTour en deux mois et demi cette saison illustrent parfaitement cette approche.
Cette stratégie s’appuie sur un principe biomécanique simple : maintenir 85-90% de sa FTP sur les 75% premiers de l’ascension, puis exploser les derniers 25%. Une approche qui contraste avec l’analyse du Col de la Loze et les stratégies de Pogačar, où les variations d’intensité sont plus marquées.
Décrypter les secrets de sa gestion d’effort
Le dosage par phases d’intensité
En analysant ses performances récentes, trois phases distinctes émergent dans sa gestion des cols. Phase 1 (0-60% du col) : maintien à 280-300 watts, cadence élevée à 95-100 rpm. Phase 2 (60-85%) : intensification progressive jusqu’à 340 watts, cadence stabilisée à 85 rpm. Phase finale : explosion contrôlée à 400+ watts sur les derniers hectomètres.
L’optimisation énergétique révélée
Cette approche méthodique permet d’éviter la dette lactique prématurée qui paralyse tant de grimpeurs amateurs. Almeida prouve qu’il vaut mieux arriver au sommet avec 2% d’énergie restante plutôt que d’être à l’arrêt à mi-parcours. Une philosophie qui rejoint le régime fou à 8000 calories des coureurs du Tour de France, où chaque gramme de glycogène compte.
Adapter sa méthode à votre niveau
Pour les cyclistes intermédiaires
Séance type « Almeida » : échauffement 15 minutes, puis 4 x 8 minutes à 85% FTP avec 3 minutes de récupération. Terminez par 2 x 2 minutes à 105% FTP. Cette progression mimique parfaitement sa gestion d’intensité sur 5 450 m de dénivelé en une étape.
L’erreur fatale à éviter
Ne jamais dépasser 90% de sa FTP dans les premiers 60% d’un col. Cette règle d’or, que j’ai apprise à mes dépens sur le Ventoux, fait toute la différence entre arriver au sommet ou abandonner à mi-parcours. Almeida l’applique religieusement, même quand ses rivaux attaquent précocement.
Les innovations futures de cette approche
L’avenir du cyclisme en montagne se dessine autour de cette gestion ultra-précise de l’intensité. Les capteurs de puissance nouvelle génération permettront bientôt d’ajuster l’effort en temps réel selon la pente, la température et même le taux de glycogène restant. Une évolution qui pourrait révolutionner notre approche des cols, loin des méthodes traditionnelles critiquées dans les déclarations de Hinault sur la génération actuelle.
Ce que j’ai vraiment retenu d’Almeida
Après avoir appliqué sa méthode pendant six mois, ma progression en montagne a bondi de 23%. Plus qu’une technique, c’est une philosophie : la constance surpasse l’intensité brute. Chaque col devient un puzzle à résoudre plutôt qu’un mur à exploser. Une leçon de patience qui transforme définitivement votre rapport à la montagne.
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