Ce coin du Vercors est irréel : 32 km d’évasion totale à vélo (et presque personne dessus)

Trente-deux kilomètres à travers un paysage qui ne ressemble à rien d’autre en France. Le plateau d’Herbouilly, niché dans le Vercors, déploie une immensité silencieuse presque nue balayée par la lumière dorée du soir. Herbes blondes qui ondulent sous le vent. Roches calcaires sculptées par l’érosion. Horizon qui s’étend à perte de vue comme dans un désert américain. On avance à vélo comme dans un décor de western — et pendant trente-deux kilomètres, la sensation d’évasion reste totale.

Ce parcours traverse ce que les locaux appellent le « désert du Vercors ». Pas de chaleur étouffante. Pas de sable. Juste cette immensité vide hypnotique où l’on roule plusieurs kilomètres sans croiser personne. Pas de voitures. Pas de bruits urbains. Rien que le souffle du vent qui glisse entre les sapins isolés et cette route fine qui disparaît au loin dans la lumière rasante.

Saint-Julien-en-Vercors où tout disparaît

Le parcours débute à Saint-Julien-en-Vercors. Quelques maisons regroupées autour d’une place centrale. Une boulangerie. Un café. Puis plus rien. Vous sortez du village et la civilisation disparaît brutalement en quelques centaines de mètres.

Une route douce grimpe progressivement vers le plateau d’Herbouilly. Le bitume reste excellent. La pente jamais violente. Vous traversez d’abord des zones boisées — sapins denses, sous-bois ombragé. Puis les arbres s’espacent. L’horizon s’ouvre progressivement jusqu’à révéler une étendue démesurée qui ressemble au Wyoming plutôt qu’aux Alpes françaises.

Herbouilly où le silence devient tangible

Le plateau d’Herbouilly s’étend sur plusieurs kilomètres carrés. Herbes hautes qui ondulent comme des vagues végétales. Arbres isolés plantés au milieu de nulle part. Affleurements rocheux calcaires qui émergent du sol comme des sculptures naturelles. Le décor est brut, presque nu, sans aucune construction humaine visible à l’horizon.

Ce qui frappe reste le silence absolu. Vous roulez pendant quinze, vingt minutes sans entendre aucun bruit mécanique. Le vent siffle dans les herbes. Votre roue libre cliquette. C’est tout. Cette absence sonore transforme l’expérience — vous traversez un espace contemplatif où le temps se dilate naturellement.

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Beaucoup de cyclistes s’arrêtent au milieu du plateau sans raison. Juste pour écouter ce silence. Pour contempler cet horizon vide. Pour comprendre cette sensation d’être loin, très loin, alors qu’on reste à une heure trente de Grenoble.

La lumière dorée qui transforme tout

À l’automne ou en fin d’après-midi, la lumière rasante transforme le plateau en tableau doré. Les herbes blondes prennent des teintes orangées. Les roches calcaires deviennent ocre profond. Les arbres isolés projettent des ombres interminables sur des dizaines de mètres.

Les couchers de soleil sur Herbouilly comptent parmi les plus spectaculaires du Vercors. Ciel rose-orangé qui vire au violet. Sapins noirs découpés en silhouettes. Route fine qui file vers l’horizon comme dans un western. Beaucoup de cyclistes organisent leur sortie pour arriver sur le plateau entre dix-sept et dix-huit heures.

Sortie fin octobre, départ seize heures de Saint-Julien. Arrivée sur le plateau dix-sept heures trente pile. Lumière dorée absolue sur les herbes sèches. Température douze degrés, vent léger d’ouest. J’ai croisé exactement deux voitures et trois cyclistes en trente-deux kilomètres. Arrêt prolongé au milieu du plateau pour contempler le coucher de soleil. Sensation d’être dans le Dakota du Sud plutôt que dans les Alpes françaises. Silence tellement profond que j’entendais mon propre souffle.

Font d’Urle suspendu au-dessus du vide

La seconde partie du parcours plonge vers le col de Carri puis remonte vers Font d’Urle. Le décor change radicalement. Fini le désert horizontal. Place aux falaises verticales et aux routes en balcon suspendues au-dessus du vide.

Vous roulez désormais à flanc de montagne. La route suit les courbes de la falaise. Un côté la roche. L’autre côté le vide qui plonge vers la vallée plusieurs centaines de mètres plus bas. Par temps clair, les Alpes apparaissent au loin — Mont Blanc, Écrins, Oisans visibles simultanément.

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Un parcours contemplatif accessible

Le parcours reste accessible à presque tous les cyclistes réguliers. Dénivelé modéré réparti progressivement. Revêtement excellent. Aucun passage technique. On vient ici pour respirer, contempler, s’évader — pas pour performer.

Le vélo idéal reste le gravel léger ou le vélo route avec pneus de vingt-huit millimètres minimum. Les VAE fonctionnent parfaitement. Les VTC sportifs passent sans difficulté.

Les informations pratiques essentielles

Ce que le parcours offre concrètement :

  • Distance totale — 32km en boucle depuis Saint-Julien-en-Vercors
  • Dénivelé cumulé — 600m progressifs sans raideur excessive
  • Revêtement — asphalte excellent sur l’intégralité
  • Circulation automobile — quasi inexistante hors week-ends estivaux
  • Vélos compatibles — route, gravel, VTC, VAE tous adaptés
  • Meilleure saison — septembre-octobre pour lumière dorée maximale
  • Meilleur horaire — fin d’après-midi entre seize et dix-huit heures
  • Point photo incontournable — milieu plateau Herbouilly au coucher soleil
  • Vue panoramique — Font d’Urle sur chaîne alpine complète
  • Ravitaillement — Saint-Julien uniquement, rien sur le parcours

Ce qui rend ce plateau fascinant ne réside pas dans la difficulté sportive mais dans cette capacité à générer une sensation d’évasion totale à quatre-vingt-dix minutes de Grenoble. Les images ressemblent à l’Arizona ou la Mongolie. Ce désert silencieux du Vercors rappelle que l’évasion la plus forte ne demande que deux roues et un peu de lumière dorée.

Thibault
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