Est-ce que le VAE européen est vraiment plafonné à 40 % de part de marché ?

40 % pour l’Europe, un peu plus de 50 % dans les pays les plus en avance, et pas davantage pour l’instant. La réponse à la question du titre tient déjà là. Si vous attendiez un raz-de-marée à 80 %, il faut le dire franchement : cette projection était trop haute, et les chiffres récents la ramènent à une taille bien plus modeste.

Je vais être net : j’ai moi-même sous-estimé la résistance du vélo classique dans ce dossier. En voyant des prévisions monter jusqu’à 80 % des ventes, j’ai cru que le basculement était presque écrit. Les données les plus récentes racontent autre chose, et vous avez intérêt à les lire sans filtre marketing.

40 % en Europe, ce n’est pas un plafond absolu, mais c’est déjà un mur

Au global, l’Europe tourne autour de 40 % de part de marché pour le vélo électrique. Dit autrement, le segment a pris une place lourde, mais il n’a pas avalé tout le marché. Si vous cherchez une réponse simple, elle est là : non, le VAE européen n’est pas bloqué partout au même niveau, mais il bute déjà sur une limite visible.

Cette limite se voit encore mieux dans les pays les plus mûrs. Une part légèrement supérieure à 50 % en volume semble être le plafond actuel, même chez les meilleurs élèves. À mes yeux, c’est le point le plus dur pour les discours trop enthousiastes : le VAE progresse, oui, mais il ne remplace pas mécaniquement tous les autres usages.

Vous le sentez tout de suite dans la lecture du marché. Une technologie peut devenir dominante sans devenir hégémonique. C’est même, selon moi, la leçon centrale de ce dossier.

Aux Pays-Bas, le retour de 53,5 % à 49,3 % casse un mythe

Est-ce que le VAE européen est vraiment plafonné à 40 % de part de marché ?

Le cas néerlandais est brutal, justement parce qu’il devait servir de modèle. La part des vélos vendus en version électrique y a atteint 53,5 % en 2022, puis elle est redescendue à 49,3 % en 2025. Si vous pensiez qu’un marché ne recule jamais après avoir franchi la moitié, ce chiffre vous oblige à revoir le scénario.

Je tranche sans hésiter : ce repli pèse plus lourd qu’un simple accident statistique. Il montre qu’un marché très avancé peut respirer, ralentir, puis se stabiliser. Le plafond n’est donc pas une ligne théorique ; il ressemble déjà à une zone de frottement réelle.

Le tableau européen confirme ce signal. L’Allemagne est à 52,6 %, l’Autriche à 57,2 %. Là encore, vous voyez le même phénomène : on peut dépasser la moitié, mais on reste très loin des 80 % annoncés autrefois.

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Faut-il encore croire à une domination quasi totale du VAE ?

À ce stade, non, pas comme horizon automatique. Les chiffres disponibles montrent un segment très fort, parfois majoritaire, mais pas un marché qui efface le vélo classique dans toute l’Europe.

France, Espagne, Italie sous 30 % : le continent roule à plusieurs vitesses

Le plafond européen ne se lit pas seulement chez les leaders. Il se lit aussi chez les pays qui restent loin du point de bascule. La France, l’Espagne et l’Italie sont sous les 30 %, pendant que le Royaume-Uni est à 9 %.

Si vous travaillez avec une vision uniforme du marché, vous partez déjà de travers.

Je trouve cette dispersion plus parlante que les grands récits sur “l’inévitable électrification”. Elle dit une chose simple : le VAE ne s’installe pas partout au même rythme, ni avec la même profondeur. Pour vous, lecteur, cela change tout si vous vendez, achetez ou suivez le marché depuis un seul pays.

Le cas belge ajoute une nuance utile. Les ventes de vélos y ont progressé de 7,1 % en 2025, pour atteindre près de 579 000 unités. Ce n’est pas un détail : un marché peut rester actif sans prouver pour autant que le vélo électrique a encore un boulevard devant lui dans tous les segments.

Mon avis est sec : mélanger hausse des ventes globales et victoire totale du VAE, c’est lire trop vite. Vous pouvez avoir du mouvement commercial sans confirmer une montée vers 80 %. Les deux sujets se touchent, mais ils ne disent pas la même chose.

De 2 855 € à 2 451 €, le prix moyen baisse, et ça ne suffit pas

Sur les six principaux marchés européens, le prix de vente moyen d’un vélo électrique est passé de 2 855 € en 2022 à 2 451 € en 2025. Cela représente environ 400 € de moins en trois ans. Si vous attendiez qu’une baisse de prix ouvre d’un coup la voie vers une domination massive, la réalité refroidit un peu.

Je suis assez ferme là-dessus : oui, payer moins peut élargir le public. Non, cela ne règle pas tout. Le recul de la production européenne d’environ 19 % en 2024, pour 3,7 M d’unités dans l’UE + UK, suggère au minimum un marché qui cherche son rythme plutôt qu’un marché lancé en roue libre.

Vous pouvez aussi regarder la France par ce prisme. La fin du Bonus Vélo au début de 2025 a pu retirer un appui visible au segment. Je reste prudent ici, car une seule piste ne suffit pas à expliquer tout un marché, mais l’effet de contexte mérite d’être gardé en tête.

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Une baisse des prix peut-elle relancer seule la part de marché ?

Rien dans les chiffres fournis ne permet de l’affirmer. Le prix moyen recule, mais la part européenne reste autour de 40 %, et les pays les plus avancés restent proches d’un plafond à peine supérieur à 50 %.

100 milliards d’euros vers 2035 ? Oui, mais pas sous la forme rêvée

Des analyses avancent que le marché européen du seul vélo électrique pourrait atteindre 100 milliards d’euros vers 2035. Pris isolément, ce nombre impressionne. Vous auriez tort, pourtant, d’y voir la preuve que la part de marché grimpera forcément jusqu’aux anciens scénarios.

Je coupe court à l’illusion la plus commode : un gros marché en valeur n’annonce pas, à lui seul, une explosion en volume. Les chiffres rappelés plus haut dessinent même l’inverse. Le segment peut peser très lourd économiquement tout en restant coincé autour de 40 % à l’échelle européenne et d’un peu plus de 50 % chez les pays les plus mûrs.

Si vous deviez retenir une seule idée, prenez celle-ci : le VAE n’a pas raté son avenir, il a juste quitté le terrain des fantasmes. L’Europe ne vit pas un plafond total, figé pour toujours. Elle vit un plafond provisoire, déjà assez solide pour enterrer la vieille promesse des 80 %.

Le marché ne s’est pas arrêté. Il s’est calmé. Et dans le vélo, un secteur qui se calme raconte souvent plus de vérité qu’un secteur qui crie.

Alex
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