Col de la Croix de Fer : 1161 m de D+ sur 28 km, les 12% que la moyenne cache

Le Col de la Croix de Fer culmine à 2 067 m. Son profil affiche 5,5 % de moyenne. C’est ce chiffre qui rassure — et piège. Car sur 28 km depuis Saint-Jean-de-Maurienne, la route dissimule des rampes à 12 % dès les premiers kilomètres. La moyenne ne raconte jamais l’histoire de la souffrance.

28 km, 1 161 m de D+ : le piège de la régularité

L’ascension par Saint-Jean-d’Arves s’étire sur 28,1 km. Le dénivelé positif atteint 1 161 m. Les bornes kilométriques blanches et jaunes jalonnent la route : distance restante, pourcentage à venir, altitude. Un compte à rebours implacable.

Mais le danger vient de l’irrégularité. Des faux-plats trompeurs. Des courtes descentes qui brisent le rythme. Et surtout ces passages à 12 % concentrés dans la première moitié de l’effort. Le cycliste qui part trop vite dans ces pourcentages paie cash au kilomètre 20. Le col est classé hors catégorie. Ce n’est pas un hasard.

La seconde approche, depuis Allemond via le Barrage du Verney, allonge la distance à 31 km. Le D+ grimpe à 1 576 m. La moyenne semble plus douce : 4,68 %. Sauf que les rampes frôlent 11,8 % après le hameau du Rivier d’Allemond. L’alternance montées-descentes rend impossible toute régulation de l’effort. C’est cette imprévisibilité qui creuse les jambes.

1912, 1947, 2022 : trois dates pour une légende

La route naît en 1898, construite pour rejoindre le Col du Glandon. Le prolongement jusqu’au sommet n’est inauguré que le 14 juillet 1912. Plus d’un siècle plus tard, le col compte 21 passages dans le Tour de France depuis 1947. Le dernier remonte à 2022.

Giulio Ciccone y a écrit sa page en 2022. Steven Kruijswijk en 2018. Thomas De Gendt en 2017. La vallée de la Maurienne, dans laquelle s’inscrivent ces ascensions, concentre une densité d’histoire cycliste rare. Le Croix de Fer se combine volontiers avec le Galibier, le Glandon ou l’Alpe d’Huez. Les organisateurs du Tour savent ce qu’ils font.

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Le col n’est pas une fin en soi. C’est un maillon dans des chaînes de souffrance qui définissent les grands tours. Franchir le sommet, c’est souvent n’avoir fait qu’échauffer les jambes pour ce qui attend au-delà.

Juin à septembre : la fenêtre, et ses risques

La saison cycliste effective court de mai à octobre. La neige retarde parfois l’ouverture au printemps. Elle revient par surprise dès l’automne. La période fiable se resserre : juin à septembre.

Juillet et août offrent un avantage paradoxal. L’affluence touristique génère un trafic dense. Mais elle justifie aussi des mesures comme les « Oisans Col Series ». Le 2 juillet 2019, la circulation automobile a été interdite sur une partie de l’ascension pour laisser la route aux seuls cyclistes. Partir tôt le matin reste la stratégie la plus sûre pour éviter les voitures et les motos.

Quel braquet pour ne pas exploser ?

Un pédalier 34 dents avec une cassette 28 ou 30 dents. C’est le minimum pour maintenir une cadence fluide dans les 12 % du début. Le col exige de rouler assis le plus possible. La danseuse consomme trop dans une ascension aussi longue.

Où se ravitailler ?

Fontaine d’eau fraîche au Rivier d’Allemond. Seconde fontaine à l’entrée de Saint-Sorlin-d’Arves. Refuge au sommet pour se restaurer. L’erreur classique : sous-estimer la dépense dans l’irrégularité du profil. La fatigue mentale du relancement successif ajoute à la dépense physique.

Le revêtement est globalement bon. Attention néanmoins aux sections de gravier frais près du sommet. Quelques tunnels courts obligent à allumer feux avant et arrière. La descente demande autant de vigilance que la montée.

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Le Col de la Croix de Fer ne pardonne pas l’optimisme. Il récompense la patience, le braquet adapté, et cette lucidité de mesurer l’effort kilomètre par kilomètre plutôt que de se fier à une moyenne qui ment.

Alex
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