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Perché entre les vallées de l’Ain et de l’Oignin, le Col du Berthiand se dresse comme un défi captivant pour les cyclistes en quête d’authenticité jurassienne : culminant à 780 mètres d’altitude, cette ascension a gagné ses lettres de noblesse lors du Tour de France 2016, où son versant ouest fut classé en première catégorie par Rafał Majka.
Lors de ma dernière ascension en août, j’ai redécouvert ce col avec fascination. Avec ses pentes qui atteignent 16% par endroits, ce joyau jurassien offre un cocktail parfait de difficulté technique, d’histoire cycliste et de panoramas saisissants. Préparez-vous à découvrir l’un des secrets les mieux gardés du Jura pour les amateurs de vélo exigeant.
🚴♂️ Le joyau caché du Jura : deux défis distincts sur un même col
Le Col du Berthiand, dont le nom dérive de « Bertoldingos » (lié à la famille Bertoald), s’impose comme une ascension de caractère dans le département de l’Ain. Situé précisément à 46°10′22″N, 5°29′38″E, ce col présente deux visages radicalement différents selon le versant abordé, chacun méritant une approche tactique spécifique.
Le versant ouest depuis Serrières-sur-Ain s’étire sur 8 kilomètres avec un dénivelé de 463 mètres, affichant une pente moyenne de 5,8%. Ne vous fiez pas à cette moyenne trompeuse : les premiers kilomètres réservent des passages redoutables culminant à 15% entre le 2ᵉ et 3ᵉ kilomètre. Le versant est depuis Nurieux-Volognat propose une approche plus directe : 4,8 kilomètres pour 302 mètres de dénivelé, soit une pente moyenne de 6,3%.
« C’est dans le Circuit des Six-Provinces en 1954 que le « Grimpeur Ailé » luxembourgeois Charly Gaul marque de son empreinte le Berthiand. L’année suivante, lors du Tour des provinces du Sud-Est, il confirme sa maîtrise de cette ascension jurassienne. » – Archives cyclistes historiques
💡 Le profil qui a séduit le Tour de France
C’est principalement son versant ouest qui a retenu l’attention des organisateurs du Tour de France en 2016, lui valant un classement en première catégorie. Cette classification témoigne de sa difficulté réelle, souvent sous-estimée par les cyclistes découvrant ce col pour la première fois. Le Tour de France a visité le Berthiand à quatre reprises historiques.
⚡ L’entrée en matière brutale du versant ouest
L’ascension débute sans préambule avec une pente immédiatement exigeante. Les 2,5 premiers kilomètres constituent le véritable juge de paix de ce versant, avec environ 250 mètres de dénivelé concentrés sur cette courte distance. Les pourcentages dépassent régulièrement 10%, culminant à 15% dans certains virages serrés qui traversent une forêt dense offrant un ombrage appréciable en été.
🗺️ Dans les roues des champions : l’histoire cycliste du Berthiand
Bien que moins célèbre que certains géants alpins, le Col du Berthiand possède une riche histoire cycliste qui mérite d’être connue des passionnés. Le Tour de France a découvert officiellement le col en 1991, lors de la 20ème étape, avec l’Italien Claudio Chiappucci qui franchit le sommet en tête.
Les passages marquants se succèdent ensuite : 2002 avec Jörg Jaksche premier au sommet lors de l’étape 18, 2006 avec Sylvain Calzati qui s’illustre en tête, et 2016 avec Rafał Majka qui domine l’ascension lors de l’étape 15, le col étant cette fois classé en 1ère catégorie par son versant ouest, plus exigeant.
| Année | Coureur en tête | Étape | Classification |
|---|---|---|---|
| 1991 | Claudio Chiappucci | Étape 20 | 2ème catégorie (versant est) |
| 2002 | Jörg Jaksche | Étape 18 | 2ème catégorie |
| 2006 | Sylvain Calzati | – | 2ème catégorie |
| 2016 | Rafał Majka | Étape 15 | 1ère catégorie (versant ouest) |
🏁 Les pionniers historiques du Berthiand
Avant même les passages du Tour, le légendaire Charly Gaul s’était distingué sur ces pentes lors du Circuit des Six-Provinces en 1954 et du Tour des provinces du Sud-Est en 1955, inscrivant le col dans l’histoire du cyclisme d’après-guerre. Le Berthiand est aujourd’hui considéré comme un point stratégique dans les courses traversant le Jura.
🏛️ L’arsenal du grimpeur : s’équiper pour dompter le Berthiand
Face aux pentes exigeantes du Berthiand, un équipement adapté fait toute la différence entre une ascension maîtrisée et un calvaire. Pour affronter sereinement les passages les plus raides (15-16%), un développement minimum de 34-32 (soit 2,9m) est recommandé pour maintenir une cadence supérieure à 70 rpm.
Les cyclistes moins aguerris ou préférant une cadence élevée opteront avantageusement pour un 34-36, particulièrement sur le versant ouest où les premiers kilomètres sont impitoyables. Sur l’asphalte généralement en bon état du Berthiand, des pneus de 25-28 mm offrent le meilleur compromis entre rendement et confort.
🎭 Stratégie d’ascension : l’art de la gestion d’effort
Chaque versant du Berthiand exige une approche tactique spécifique. La clé pour dompter le versant ouest réside dans une gestion d’effort méticuleuse sur les 2,5 premiers kilomètres. Abordez cette section initiale avec retenue, en maintenant une cadence élevée (80-90 rpm) pour préserver vos jambes.
🍽️ Le circuit des trois lacs : une boucle d’exception
Pour transformer l’ascension du Berthiand en véritable aventure cycliste, intégrez-le dans une boucle de 80 km incluant les lacs de Nantua, Genin et Sylans. Au départ de Serrières-sur-Ain, cette boucle cumule environ 1300 mètres de dénivelé pour 6-7 heures de vélo (pauses incluses). Le lac Genin, surnommé « le petit Canada du Jura » pour ses eaux émeraude bordées de forêts, constitue l’une des plus belles récompenses de ce circuit.
💡 Mes conseils d’expert pour une conquête réussie
Vingt-cinq ans d’expérience cycliste m’ont appris l’importance cruciale de la préparation sur ce col technique. La période optimale s’étend d’avril à octobre, avec une préférence pour mai-juin et septembre lorsque les températures sont idéales et la fréquentation modérée. Privilégiez les matinées pour bénéficier de températures plus clémentes et d’un trafic réduit.
Évitez absolument de partir trop vite sur le versant ouest : nombreux sont les cyclistes qui se retrouvent en difficulté dès les premiers virages pour avoir sous-estimé la brutalité de l’entrée en matière. Même en journée, un éclairage avant d’au moins 800 lumens est conseillé pour les zones ombragées du versant ouest.
- Emportez suffisamment d’eau et de ravitaillement : les points de ravitaillement sont rares sur le parcours
- Un kit de réparation basique (chambre à air, démonte-pneus, multi-outil) est indispensable pour les imprévus
- Soyez particulièrement attentif dans la descente du versant ouest où les virages serrés peuvent être traîtres par temps humide
Le Col du Berthiand offre cette rare combinaison qui fait les grandes ascensions cyclistes : un défi technique authentique, des paysages préservés et une histoire cycliste riche. Qu’il soit l’objectif principal de votre sortie ou une étape dans une exploration plus vaste du Jura, ce col vous laissera le souvenir d’une ascension de caractère, loin des foules mais proche de l’essence même du cyclisme de montagne.
Pour prolonger l’aventure, découvrez également le Col de la Biche, l’ascension HC confidentielle du Jura prisée des cyclistes locaux, ou comparez cette expérience avec le Mont du Chat, l’une des ascensions les plus difficiles de France pour cyclistes expérimentés.
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